Crise du coronavirus : La Réunion subit une baisse d’activité sans précédent de 28%, selon l'Insee

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Les rues de Saint-Denis à La Réunion.
Le centre-ville de Saint-Denis à La Réunion. ©Imaz Press
La crise du coronavirus a provoqué une baisse d’activité sans précédent de 28% à La Réunion, selon le dernier point de conjoncture de l’Insee, ce jeudi 7 mai. Le commerce, la construction et le tourisme sont durement frappés. Plus de 100 000 salariés sont au chômage partiel.
 
Dans son dernier point de conjoncture, publié ce jeudi 7 mai, l’Insee affirme qu’à La Réunion "la baisse d’activité est évaluée à 28%". Cette baisse sans précédent dans l’île est liée à la crise sanitaire du coronavirus.

L’Insee précise toutefois que cette perte d’activité est "inférieure à celle constatée au niveau national (33 %) du fait notamment du poids plus important dans l’économie réunionnaise du secteur public qui amortit cette baisse".
 

-60 % d’activité dans le commerce

Selon les chiffres de l’Insse, dans le commerce, "la contraction de l’activité est évaluée à 60 %, contribuant pour 6 points sur les 28 % de perte d’activité totale".

"La grande majorité des entreprises du secteur marchand est concernée par le fort ralentissement, voire l’arrêt de la production", écrit l’Insee qui remarque toutefois que les conséquences sont variables selon les branches d’activité. "Certaines sont très fortement ralenties (construction, hôtellerie-restauration, transport, etc.), tandis que d’autres le sont beaucoup moins (télécommunications, activités financières, industries agroalimentaires, etc.)".
 
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-80 % pour la construction

Affectée par l’arrêt quasi complet des chantiers, l’activité des entreprises de la construction baisse de 80 % et contribue à 5 points de perte de l’activité totale. "La baisse d’activité a été immédiate également et d’ampleur comparable pour les activités liées au tourisme", poursuit l’Insee qui rappelle la fermeture des hôtels et restaurants, l’arrêt des activités de loisirs, et la limitation drastiques des transports terrestres et aériens.
 
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L’agriculture a trouvé des solutions

L’Insee affirme cependant que "les activités agricoles et l’industrie agroalimentaire seraient nettement moins affectées par le confinement que les autres secteurs". "L’agriculture semble trouver des solutions de repli face à la crise et éviter d’alourdir les pertes, avec la mise en place de circuits courts ou l’utilisation de nouveaux produits par les industries agroalimentaires", précise l’Insee.
 

Plus de 100 000 salariés au chômage partiel

Face à la crise du Covid-19, l’État a mis en place des mesures d’accompagnement et de soutien aux entreprises. Selon les chiffres de l’Insee, "les employeurs ont largement mobilisé le dispositif de chômage partiel pour réduire la charge de leurs effectifs : 101 800 salariés appartenant à 13 700 entreprises sont concernés à La Réunion au 28 avril selon le ministère du Travail, soit 56 % de l’emploi salarié privé".

Les prêts bancaires garantis par l’État ont aussi été largement mobilisés. À La Réunion, 2 445 entreprises ont bénéficié de ce prêt au 24 avril, pour un montant pré-accordé de 376 millions d’euros.

"Les craintes sur les conséquences sociales de la crise restent néanmoins fortes, remarque l'Iness. A LaRéunion, quatre salariés sur dix et un non-salarié sur deux exercent dans un secteur dont l’activité est réduite de plus de 50%".
 
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-70 % des émissions de gaz 

Ce ralentissement de la vie économique se traduit dans la consommation d’électricité. La Réunion a connu une diminution importante de la consommation d’électricité, jusqu’à -20 % en journée par rapport à la normale.

Enfin, "un point positif sur l’environnement, la chute du trafic routier se traduit en une baisse des émissions de gaz allant jusqu’à ‑70 % dans l’île", selon l’Insee.
 
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