Affaire des "loyers marrons" : le président de la Chambre de commerce et d'Industrie, Ibrahim Patel, sera fixé sur son sort le 8 avril

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Ibrahim Patel, président de la CCI de La Réunion.
Ibrahim Patel, président de la CCI de La Réunion. ©Olivier De Larichaudy

Ibrahim Patel était devant la cour d’appel, jeudi 11 février. Le président de la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion est rejugé dans l’affaire des "loyers marrons". L'avocat général a requis cinq ans d'inéligibilité. Le délibéré est attendu le 8 avril.

Le président de la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion est rejugé dans l’affaire des « loyers marrons », ce jeudi 11 février, à la cour d’appel de Saint-Denis. Le délibéré sera rendu le 8 avril prochain.

Cinq ans d'inéligibilité requis

Dans ce dossier, le tribunal correctionnel de Saint-Denis l’avait reconnu coupable de faux, d’abus de biens sociaux et de falsification de chèques. Ibrahim Patel avait été condamné à huit mois de prison avec sursis et à cinq ans d’interdiction de gérer une société.

Ce matin, l'avocat général a requis cinq ans d'inéligibilité, 10 000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction de gérer une entreprise. Ces réquisitions sont plus sévères que les peines prononcées en première instance. L'avocat général met en avant le "devoir d'exemplarité" que doit remplir Ibrahim Patel, en sa qualité d'élu à la CCI et à La Région. Il retient les infractions de "faux et usage de faux, abus de biens sociaux" et  rejette la falsification de chèques. Il demande en plus une condamnation pour escroquerie.

Ce matin, Ibrahim Patel a peiné à se justififer devant la cour d'appel, s'empêtrant même sur ses déclarations, notamment sur les accusations de faux et usage faux. De son côté, l'avocate d'Ibrahim Patel a exprimé sa stupéfaction quant à ses réquisitions. Elle redoute "la mort professionnelle" de son client et plaide la relaxe.

Un local commercial à Saint-Paul

En 2013, Ibrahim Patel, chef d’entreprise, loue un local situé dans le centre-ville de Saint-Paul pour sa société de produits surgelés baptisée "Yamera food". Quelques mois après la signature du bail, il sous-loue cet espace à une société d’assurances dont il détient la moitié du capital. Cette entreprise paye le loyer à Ibrahim Patel.

Sa défense

Pendant plusieurs mois, le président de la CCIR encaisse les chèques, sans pour autant reverser ces loyers au propriétaire du local. "Un oubli", expliquera-t-il plus tard, avant de préciser que par la suite, il a fini par rembourser le propriétaire. "Yamera food, c’est Patel. Donc finalement, c’est Patel qui a volé Patel", avait-il déclaré devant les juges du tribunal correctionnel de Saint-Denis en plaidant la relaxe. Des arguments qui manifestement n’avaient pas convaincu.