Madagascar : l'Etat veut contrôler la hausse des prix

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Prix du riz à Madagascar août 2021
©Capture d'écran L'Express de Madagascar
La crise Covid a entraîné à Madagascar, comme dans tous les pays, une crise économique. Les producteurs, importateurs et détaillants tentent d'en réduire l'impact en augmentant les prix. Le chef de l'Etat s'oppose à cette stratégie et souhaite les maîtriser.

Dimanche soir, le président de la République de Madagascar, Andry Rajoelina est apparu à la télévision pour annoncer son intention de remanier son gouvernement. Il a rapidement évoqué la tentative d'attentat déjouée le 20 juillet 2021, mais a centré son discours sur l'augmentation des prix. Le chef de l'État a dénoncé la valse des étiquettes concernant des produits de première nécessité : "Nous avons intérêt à nous montrer solidaires en ces périodes difficiles. Il faut se soutenir. L'œuf n'est pas importé et pourtant, son prix est excessif". Il a prévenu : "Certains responsables à commencer par les ministres jusqu'aux directeurs régionaux n'assument pas leur tâche comme il faut. L'État joue un rôle d'arbitre, il faut qu'il siffle quand il y a antijeu", écrit L'Express de Madagascar.

La phrase qui circule à Madagascar n'est plus : "Il faut survivre", mais "Essayons de ne pas mourir de faim", nous apprend Midi-Madagasikara. Pour enrayer l'explosion des prix du riz, des grains, de l'huile, etc. Le président a donné trois jours aux ministres pour trouver des solutions. Dès ce lundi 9 août 2021 des réunions doivent être fixées avec les différents intervenants du commerce.

Des bouleversements au sommet et dans les régions

 

Le ministre des Travaux publics comme le ministre de l'Économie et des Finances sont clairement sur un siège éjectable. Le Directeur Général des impôts est également dans le viseur. 

Particulièrement incisif, Andry Rajoelina a annoncé : "On a créé le Statement Procurement Madagascar (SPM). Le SPM va importer les produits dont on a besoin et va les distribuer aux grossistes". Il souhaite mettre fin "temporairement" à la "liberté" des prix : "dès qu'il s'agit de défendre l'intérêt de la population, je ne fais aucune concession. Je n'ai ni proche, ni ami", a-t-il conclu en répondant à un journaliste.

Les incidents de ces derniers jours et les enquêtes économiques ne sont pas étrangers à la colère présidentielle. L'enquête de l'Instat réalisée avec la Banque mondiale vient de révéler que les petites entreprises malgaches, les sociétés touristiques, de construction, de transports et de stockage enregistrent des pertes de 56%. Les annulations de commandes se multiplient. En moyenne, un sixième du personnel a été licencié écrit Madagascar-Tribune.