Madagascar : les habitants du Sud se partagent un baleineau échoué sur la plage

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Baleine échoué à Madagascar
©Capture d'écran Midi-Madagasikara
De nombreux riverains de Faux-Cap, dans le Sud de Madagascar, se sont rués sur la plage pour se partager le corps du baleineau mort, qui venait de s'échouer. Les autorités ont tenté de récupérer la chair de l'animal dont on ignore la cause du décès, avant de la brûler.

Le Sud malgache est frappé depuis des années par la sécheresse qui a entraîné une famine sans précédent. Tout le monde a en mémoire l'opération Kéré. Elle se poursuit. Dans l'Androy, l'urgence n'est pas la Covid, mais le manque de nourriture et d'eau. Les soins sont importants, mais la vaccination devient très secondaire quand l'essentiel est de pouvoir boire et manger. 

Cette tragédie s'est illustrée de manière dramatique, ces derniers jours à Faux-Cap dans l'extrême Sud, à 30 km de Tsihombe, nous apprend L'Express de Madagascar. La découverte d'un baleineau échoué sur la plage a provoqué un afflux de riverains. Des dizaines d'hommes se sont jetés à l'eau pour découper un morceau du cétacé. Une "aubaine" quand on se nourrit, de racines et de cactus depuis des mois. Pêcher en pirogue, pendant l'hiver austral est quasiment impossible. Pourtant, les gendarmes et les services sanitaires ont dû mettre fin à la curée. 

Les restes du baleineau ont été brûlés

 

Comment blâmer et contrôler une population affamée ? Les gendarmes et les services de Santé de la région sont rapidement venus sur la plage pour mettre fin au dépeçage, cependant de nombreux habitants étaient déjà partis avec un morceau de l'animal. Le responsable de la gendarmerie locale a expliqué à Midi-Madagasikara : "Avant même notre arrivée sur les lieux, l’animal a été déjà déchiqueté et découpé", et de préciser, "avec les médecins, nous avons procédé à du porte-à-porte presque sur toutes les maisons à Vatomandry. Une campagne de sensibilisation a été en même temps effectuée pour empêcher les populations locales de consommer la viande de l’animal"

Les militaires et les vétérinaires ont tenté d'expliquer que personne ne savait de quoi, ni quand l'animal était mort. En fin de journée, les restes du baleineau ont été brûlés, puis enterrés afin d'éviter qu'une personne tente de récupérer un morceau de chair.