Maurice : deux travailleurs bangladais meurent dans la chute d'un échafaudage

faits divers
Échafaudage île Maurice octobre 2020 accidents 2 morts Bangladais
©Capture d'écran Le Mauricen (Illustration)
Un dramatique accident du travail a coûté la vie, lundi matin, à deux ouvriers bangladais. Ils ont été tués par la chute de l'échafaudage sur lequel ils travaillaient. Une enquête est ouverte, mais cette tragédie illustre les conditions de vie de nombreux ouvriers étrangers à Maurice. 
Lundi 19 octobre 2020, un échafaudage vient de s'effondrer à Grand-Gaube. Il était destiné à la construction d'un immeuble sur le chantier à Camp-Madras. Sous les débris, les employés vont sortir les corps de deux Bangladais âgés de 29 et 31 ans précise Radio One. Deux travailleurs qui comme beaucoup d'ouvriers qui œuvrent dans le bâtiment sur l'île sœur, se satisfont de modestes salaires et de conditions de travail très précaires pour échapper à la misère dans leur pays. 

Les secouristes n'ont rien pu faire. Les hommes sont décédés, l'un pendant son évacuation et l'autre avant l'intervention des sapeurs-pompiers. Ils ont été amenés à la morgue où une autopsie a été pratiquée dans l'après-midi note Le Mauricien. Les conclusions du médecin légiste compléteront le dossier des policiers .

Des poursuites, seront-elles engagées, contre qui ? Deux questions sans réponse. La situation de ces salariés étrangers est préoccupante à Maurice, comme ailleurs. 
 

Des ouvriers transportés à l'arrière des 4X4


La semaine dernière, Défimédia s'intéressait au transport, pour le moins dangereux, des ouvriers étrangers. Tous les jours, des 4X4 chargés, de cette main d'œuvre bon marché, circulent sur les nationales. Les humains s'entassent sur le plateau situé à l'arrière du véhicule. 

La police, interrogée par nos confrères, souligne : "Toute personne qui y transporte un passager (Carrying person/s in the open pick up area of a double cab pick up/dual purpose vehicule) commet une infraction, étant passible d’une amende fixe de Rs 2 000. Toutefois, si c’est un ‘Goods Vehicule’ et que le ‘Carryboy’ est fermé, la personne doit obtenir un permis auprès de la National Transport Authority (NTA), document appelé ‘Variation permit’ ; permis sur lequel il est clairement mentionné combien de personnes, on peut transporter". Pourtant, cette pratique est quotidienne et manifestement tolérée.

En cas d'accident, les poursuites semblent impossibles. 
Un avocat Mauricien a été consulté sur cette question essentielle : "Que se passe-t-il si, une personne tombe et est gravement blessée ? Obtiendra-t-elle réparation auprès du propriétaire du véhicule." La réponse de Bala Mukan, le spécialiste, lit les textes : "Le plaignant devra entamer des poursuites au civil contre le chauffeur, le propriétaire du véhicule ou encore son employeur".

Les deux victimes n'avaient pas leurs passeports avec elles...
Les Outre-mer en continu
Accéder au live