"Mi lé 20 désanm" : un mouvement lancé sur les réseaux sociaux pour maintenir la fèt’ kaf

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Mi lé 20 désanm ok
"20 désanm nout lanblèm, anlèv pa anou sa !", lance l'un des initiateurs de ce mouvement sur Facebook ©DR
Le préfet Jacques Billant a confirmé ce vendredi 4 décembre qu’à défaut de défilés pour la fête du 20 décembre, des commémorations pourront se tenir en nombre restreint. Mais sur les réseaux sociaux, un mouvement baptisé "Mi lé 20 désanm" milite pour le maintien des festivités de la fèt kaf.
Plusieurs voix s’élèvent pour que la fèt’ kaf, qui commémore la proclamation de l’abolition de l’esclavage à La Réunion le 20 décembre, soit bien un jour de rassemblement et de festivités en dépit de la situation sanitaire actuelle.

Serge Hoareau, le président de l’Association des maires de La Réunion, l’avait annoncé le 2 décembre dernier : le contexte épidémique étant incompatible avec les rassemblements de personnes sur la voie publique, il a été décidé par les maires de l’île et le préfet Jacques Billant de ne pas autoriser de célébrations festives pour le 20 décembre, même si des commémorations pourront se tenir si celles-ci rassemblent moins de 50 personnes.
   

"20 désanm nout lanblèm"

Une décision confirmée publiquement par Jacques Billant ce vendredi 4 décembre lors de sa conférence de presse à la préfecture. Mais une décision qui ne passe toujours pas auprès d’une partie de la population réunionnaise. C’est ainsi qu’un mouvement "Mi lé 20 désanm", ou "Je suis 20 décembre" en français, émerge sur les réseaux sociaux.

"20 désanm nout lanblèm, anlèv pa anou sa !", lance le militant culturel Stéphane Grondin "Boné" sur sa page Facebook. Dans une vidéo diffusée en direct le mardi 1er décembre et cumulant déjà près de 7 000 vues, l’artiste maloyèr met en contraste d’un côté l’autorisation donnée par la préfecture aux commerces de rester ouverts tous les dimanches de ce mois de décembre, et de l’autre l’interdiction donc de se rassembler pour célébrer la fête de la liberté…
  

"Protection oui, psychose non !"


"On ne peut pas faire de fête de famille mais peut-être qu’on pourra aller faire la fête devant les supermarchés !, ironise-t-il. On nous prive de nos libertés fondamentales. On ne peut pas faire de kabar sur un podium en respectant les normes d’hygiène, mais aller dans les supermarchés si !"

"Protection oui, psychose non !", conclut Stéphane Grondin. Un koud’zok salué par plusieurs internautes parmi lesquels d’autres artistes et notamment des figures de la musique péï telles que la volcanique Bernadette Ladauge.

Et de ces discussions est née l’idée d’organiser des kabars marron, rappelant ainsi l’esprit originel de la fêt’ kaf. Certains ne manquant pas de mettre en lumière les initiatives lancées dans les différentes communes de l’île, et notamment par certains élus.

Exemple à Sainte-Clotilde où l’élu du quartier Gérard Françoise annonce un 20 désanm en "format réduit", mais bien au son du roulèr et du pikèr.
  

Le 172ème anniversaire de la fêt' kaf

A Sainte-Marie par contre, la municipalité a, elle, annulé tous les podiums de quartiers. Une annonce difficile pour les acteurs du monde culturel, déjà durement touchés, on le sait, par la crise du coronavirus. "Mais malgré nous pourra pas fête le 20 désanm comme tous les ans, nous va casse quand même la chaine dans nout pied ce jour-là", lance l’un d’eux.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :
 
Mi lé 20 désanm, un mouvement pour maintenir la fèt kaf

Certains confirment qu’ils fêteront bien le 20 désanm comme il se doit, mais loin de la voie publique, et donc dans le cercle privé. "Peut-être en portant le masque ça pourrait le faire, les enfants ils partent bien à l’école tous les jours !", lance une mère de famille.

Effectivement, respecter les gestes barrières et le port du masque ne semble pas incompatible avec les projets festifs des aspirants maronèrs de ce 172ème anniversaire de la fête réunionnaise de la liberté.