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Crise sociale à La Réunion : la vie reprend, mais les Gilets Jaunes restent déterminés [SYNTHESE]

Au 17e jour de crise sociale à La Réunion, un semblant de retour à la vie normale s’amorce avec la reprise de l’école. Mais, les Gilets Jaunes restent déterminés. Alors que les forces de l'ordre tentent de lever le barrage du Port-Est, d'autres blocages se maintiennent.

Dimanche 2 novembre, les Gilets Jaunes suivent la visioconférence avec la ministre des Outre-mer devant la préfecture. © IMAZ PRESS
© IMAZ PRESS Dimanche 2 novembre, les Gilets Jaunes suivent la visioconférence avec la ministre des Outre-mer devant la préfecture.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le
Cartables sur le dos, les marmailles ont repris le chemin de l’école ce lundi matin. Les bus de transports scolaires ont aussi repris la route. Après deux semaines de vacances forcées, les enfants sont retournés en classe. Comment leur expliquer ce qu’ils ont vécu ? Qu’est ce qu’une crise sociale ? Qui sont les Gilets Jaunes ? Pourquoi ces barrages ? Le rectorat avait diffusé un communiqué pour donner aux professeurs quelques clés pour répondre aux nombreuses questions des marmailles. C'est ce qu’on fait les professeurs d'un établissement de Sainte-Suzanne.

Reportage de Soufati Tumbou Dani et Jean-Claude Toihir :
La crise expliquée aux élèves


Barrages rares, embouteillages monstres

En ce début de troisième semaine de crise sociale à La Réunion, les barrages étaient plus rares ce lundi matin. Pour autant, les Gilets Jaunes maintiennent la pression sur des points stratégiques. Le barrage de la Cocoteraie à Saint-André a été remis en place, il est actuellement filtrant dans le sens Est/Nord, mais les transports de marchandises sont bloqués. Dans l’Ouest, un barrage constitué de branchages, de pneus et de plots a été installé sur la route des Tamarins, principal axe qui relie le nord au sud de l’île.

Regardez ces images d'Ilotdrones :
Embouteillage route des Tamarins

Comme dans l’Est, ce blocage a provoqué d’importants embouteillages. Un autre barrage est en place à l’entrée de Saint-Gilles Les Bains. C’est à cet endroit qu’à été signalé un incident hier avec un automobiliste. Excédé par les bouchons, il a aspergé un manifestant avec un bombe insecticide. Le conducteur a été placé en garde à vue.
 

Le Port Est en souffrance

Autre point stratégique bloqué : le Port-Est. Depuis midi, les forces de l'ordre interviennent pour tenter de déloger une vingtaine de manifestants présents sur le barrage. S'il est libéré, les marchandises pourraient peut être bientôt quitter le Port. Près de 2 600 conteneurs sont en souffrance. Parmi eux, 1 400 sont destinés à approvisionner le marché réunionnais, les autres sont en attente d’exportation.

Pour le MEDEF Réunion, le département est confronté à un "cataclysme économique". Son président a adressé un courrier au Ministre de l'Economie et Finances dans lequel il avance un chiffre plus de 300 millions d'euros de pertes pour les entreprises locales. Didier Fauchard demande un fond exceptionnel, financé et piloté par l'État.
 

Région, préfecture, mairies, université

Ce mardi matin, les Gilets Jaunes avaient appelé à un rassemblement devant la Région, nouvelle cible de leur action. Ils sont arrivés au compte-goutte et étaient quelques dizaines. La collectivité, elle, avait annoncé qu’elle était fermée "pour travaux".

Regardez le reportage de Delphine Poudroux et Alix Catherine :
Les Gilets Jaunes devant la Région

Les manifestants ont ensuite pris la direction de l’Université du Moufia pour demander aux élèves de quitter les salles de classe. Les cours ont été perturbés. Des Gilets Jaunes se sont aussi rassemblés devant la préfecture de Saint-Denis où certains réclament la démission du préfet, Amaury de Saint-Quentin. Pour les collectifs de Gilets Jaunes, l’objectif est désormais de "bloquer autrement" La Réunion et de lever la pression sur les automobilistes. La préfecture, la Région et autres collectivités sont désormais leur priorité. Ils veulent structurer leur action, mais restent déterminés quant à leurs revendications.

Ce mardi matin, des Gilets Jaunes sont aussi allés à la rencontre des maires. A Saint-Denis, ils ont rappelé leurs revendications au maire, Gilbert Annette. A Saint-André, une dizaine de Gilets Jaunes a été reçue par Jean-Paul Virapoullé. Ces derniers ont aussi évoqué avec lui quelques revendications du Livre Jaune, notamment une diminution de l'octroi de mer ou encore un alignement des prix sur l'Hexagone.
Les Gilets Jaunes à la mairie de Saint-André
 

Le Livre Jaune

En cette troisième semaine de mobilisation, les revendications restent les mêmes : vie chère, pouvoir d’achat, emploi… Ces revendications sont rassemblées dans le Livre Jaune remis par les manifestants au préfet, hier, lors de la visioconférence avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.
Ce livre jaune a été remis par la plateforme "Tous Unis pour La Réunion – Coordination des Gilets Jaunes". Elle serait représentative de 40 barrages dans l’île, et rassemblerait 20 000 revendications en 24 motions. 38 000 personnes auraient participé à la consultation populaire, via un site internet notamment, et cinq thèmes émergent : la vie chère, l’emploi, le pouvoir d’achat, le manque de transparence et l’annulation de la dette fiscale des TPE et PME.
 

Une page Facebook inaccessible 

Par ailleurs, nous constatons ce mardi que la page Facebook de la plateforme "Tous Unis pour La Réunion – Coordination des Gilets Jaunes" n’est plus accessible. A-t-elle été supprimée ? Est-ce un problème technique ? Cette page servait a diffuser des communiqués du collectif et était publique.
 

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