publicité

Prélèvement à la source : premiers retours des employeurs et des salariés à La Réunion

Source d’inquiétudes et d’appréhension, longtemps repoussé par les gouvernements successifs, le prélèvement à la source de l’impôt est effectif depuis le 1er janvier 2019. A La Réunion, les salariés et les employeurs donnent leurs premiers ressentis.

  • Virginie Coent / Thierry Chapuis
  • Publié le , mis à jour le
Le prélèvement à la source de l’impôt est entré en vigueur le 1er janvier 2019.  Loin de faire l’unanimité, la réforme a longtemps été repoussée. Initialement prévue en janvier 2018 par le gouvernement Hollande, elle a finalement été décalée au mois de janvier 2019 par Emmanuel Macron.
 

Le prélèvement à la source : qu’est-ce que c’est ?

Selon le gouvernement, son intérêt majeur est de s’adapter en temps réel au contribuable, en fonction de la situation de ce dernier. En effet, le montant qu’il devra payer à l’Etat est maintenant fixé tous les mois par les impôts, au lieu de l’être sur l’année précédente comme c’était le cas jusque-là. Ainsi, si ses revenus baissent, la personne imposable verra le montant de sa contribution baisser automatiquement. A La Réunion, employeurs et salariés découvrent ces nouveaux aménagements et leurs avis divergent.
 

Les premiers ressentis

Nicolas, salarié permanent dans une agence intérim du Port, appréhendait cette nouvelle réforme. Finalement, il y voit plusieurs avantages : "en cas de changement de situation, on peut avoir directement une modification de son prélèvement, ce qui n’était pas le cas avant. Je pense que cela s’adapte plus à la situation de la personne". Pour lui, un autre point est positif : "cela permet de faire un prélèvement sur douze mois, de lisser l’impôt et d’éviter les mauvaises surprises en fin d’année comme c’était le cas parfois pour certains salariés".

Regardez le reportage de Thierry Chapuis : 
Le prélèvement à la source à La Réunion
 

Organiser le changement

Si les salariés semblent conquis, les entreprises, elles, sont plus frileuses. Elles ont dû travailler longuement en amont afin d’anticiper les changements imposés par la réforme. Pour Stéphane, l’un des directeurs de l’agence d’interim du Port, cela a demandé une organisation millimétrée. Avec son équipe, il a organisé, dès le mois d’août dernier, des réunions afin de répondre aux interrogations de ses collaborateurs permanents. Ils ont également "mis en place, dès le mois d’octobre, des bulletins de salaire sur lesquels étaient déjà indiqués le prélèvement à la source", pour habituer les salariés.

Il lui a fallu aussi expliquer le nouveau bulletin de salaire à ses collaborateurs intérimaires. L’entreprise en compte plus de 600, un travail considérable ; et de nombreux changements qui ont demandé du temps et de l’investissement aux entreprises.
 

Salariés et employeurs, acteurs de l’Etat

Comme le précise le site du gouvernement, « le prélèvement est assuré sur les salaires par l'entreprise (ou l'organisme public), sur la base du taux de prélèvement calculé par l'administration fiscale à partir de la déclaration de revenus déposée par le salarié. » Ainsi, les salariés deviennent comme les trésoriers de l’Etat, en versant tous les mois un acompte d’impôt. Les employeurs, quant à eux, sont ses collecteurs.

Pour autant, il faudra toujours déclarer ses revenus à la fin de l’année. A noter également que tous devront passer au numérique : les déclarations se feront exclusivement en ligne à partir de maintenant.
 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play