"Rest zot kaz" : retour sur un mois de confinement à La Réunion

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Bientôt un mois de confinement à La Réunion pour lutter contre le coronavirus.
Bientôt un mois de confinement à La Réunion pour lutter contre le coronavirus. ©Imaz Press
Routes désertes, économie au ralenti, écoles fermées : depuis 28 jours, les Réunionnais vivent confinés. Un mois après le début du confinement, les existences sont bouleversées ; mais "jusqu’à quand ?"
Quand ? Quand pourra-t-on revoir ses proches, embrasser sa mémé ? Rouvrir sa boutique, son restaurant ? Au 28e jour de confinement, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, doit esquisser des pistes pour la suite lors de son allocution ce soir.
 

"Rest zot Kaz !"

Depuis bientôt un mois, les Réunionnais sont confinés chez eux. Un seul mot d’ordre : "Rest zot Kaz !". Les rues sont désertées, les plages et les sentiers aussi et les existences chamboulées. Pour mettre le pied dehors, acheter à manger, promener son chien ou aller travailler, il faut désormais se munir de l'attestation sur l'honneur requise pour tout déplacement.

Sommés de respecter "gestes-barrières" et "distanciation sociale" contre le coronavirus, les Réunionnais s'habituent bon gré, mal gré, à une nouvelle routine de crise.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :
Les réactions après un mois de confinement à La Réunion
 

"Une guerre"

Le premier cas de Covid-19 à La Réunion est recensé le 11 mars. Dans l'Hexagone, ils se comptent par centaines. Les marmailles réunionnais sont en vacances et doivent retrouver les bancs de l'école le lundi 23 mars. Ils ne s'y rendront pas. L'école se fera désormais à la maison.

Emmanuel Macron annonce la fermeture des établissements scolaires, puis le Premier ministre celle des bars, restaurants, cinémas, commerces "non-essentiels"... Le 16 mars, après un premier tour des municipales maintenu envers et contre tout, le chef de l'Etat annonce la fin de la liberté de déplacement, au nom d'une "guerre" qu'il reste à gagner. Le 24 mars, La Réunion passe en stade 2, mais adopte déjà les mesures du stade 3.

Les précisions de Réunion La 1ère : 
©reunion
 

Fin des liaisons aériennes quotidiennes

Un foot entre amis ? Interdit. Une fête d'anniversaire, un pique-nique dans les Hauts ou sur la plage ? Plus permis. Face au mal invisible, une partie de la France se fige.

Les traînées des avions ne strient plus le ciel. La Réunion est presque coupée du monde. Désormais, les liaisons aériennes sont restreintes. Dans les ports, les bateaux restent à quai. Dans les cirques, les randonneurs n’arpentent plus les sentiers. A 20h, comme les Espagnols ou les Italiens, aux fenêtres, aux balcons, les Réunionnais applaudissent leurs soignants. Plus le confinement est respecté, plus les hôpitaux tiendront le choc.
 

Durcissement du confinement

Puis face au relâchement de certains, la préfecture de La Réunion hausse le ton la semaine dernière. Désormais, les commerces ferment à 19 heures et l’accès aux plages et aux sentiers littoraux sont interdits. Le gouvernement a aussi précisé les règles de la sortie sportive autorisée, une heure et un kilomètre maximum. Dans l’île, les forces de l’ordre renforcent les contrôles durant le week-end de Pâques.
 

Violences et solitude

Privé de sorties, d'êtres chers, chacun ne vit pas cette épreuve de la même façon. Les inégalités sociales sont exacerbées. Les plus chanceux conservent leur emploi et peuvent travailler à distance. Pour certains, c'est l'occasion de ralentir une vie trop pressée, en retrouvant ses fourneaux. On dépoussière les vélos d'appartement, on multiplie les apéros virtuels. Mais pour beaucoup, le confinement est un cauchemar de promiscuité dans des appartements exigus, d'enfermement avec un conjoint violent... ou au contraire de solitude, en particulier pour les personnes âgées.
 

Vers la récession

L'époque est terrible, angoissante, pour ceux - médecins, infirmiers, livreurs ou agents d'entretien - qui s'évertuent à faire tourner la France, la boule au ventre à l'idée de contracter le virus. 

Une angoisse aussi forte pour les millions de personnes pour qui le télétravail n'est pas une option : ouvriers au chômage partiel ou commerçants aux rideaux fermés qui se demandent comment survivre. A mesure que les jours passent, la France s'enfonce dans une récession historique.
 

"Une lueur d’espoir ?"

Chaque soir, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, égrène la triste litanie des morts dans l’Hexagone : plus de 14.000, dans les hôpitaux et les maisons de retraite où se déroulent des tragédies à huis clos.

Il faut plus de trois semaines pour voir de premiers et timides effets du confinement, une amorce de baisse des hospitalisations en réanimation - un "pâle rayon de soleil" pour les hôpitaux saturés, décrit le Pr Salomon le 10 avril. "L'heure n'est pas au déconfinement !", martèle le gouvernement.

La Réunion compte 389 cas ce lundi. Ces derniers jours, le nombre de nouveau cas est à la baisse. Peut-être une lueur d’espoir ?