Le combat de la Saint-Pierraise Sophie Saule Lucas face à l'adoption

En 2015, Sophie Saule Lucas et son conjoint Eric entament des démarches pour adopter un enfant. Sept ans plus tard, ils lancent un appel, un cri du cœur, afin de trouver de l'aide.

© Sophie Saule Lucas
© Sophie Saule Lucas
  • Par Annaïg Morazé
  • Publié le , mis à jour le

Ce n'est pas parce qu'on choisit de devenir parent que la nature est conciliante.

Sophie Saule Lucas

 

La vie est un très long chemin qui réserve des surprises, parfois bonnes et parfois beaucoup moins. "Faire" un enfant, la nature en aura décidé autrement pour Sophie Saule Lucas et son conjoint Eric. En 2015, ils entament des démarches d'adoption.  

En France, pour pouvoir adopter un enfant, il faut obtenir un agrément délivré par le service d'aide sociale à l'enfance (ASE). L'agrément permet de s'assurer notamment des conditions d'accueil de l'enfant. Au bout d'un an de questions, d'entretiens et de visites, Sophie et Eric obtiennent enfin cet agrément.

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Après s'être renseigné à l'étranger, le couple se tourne finalement vers leur pays, la France. Ils tentent l'adoption d'un enfant pupille de l'État, confié aux services du département et accueilli en pouponnière (enfant en bas âge) ou en famille d'accueil. Un pupille de l'État peut également faire l'objet d'une adoption. Malheureusement, après de multiples démarches, leurs demandes n'aboutissent pas.

L'adoption polynésienne

 

Un jour, une amie les contacte. Elle a adopté un enfant à Tahiti et pense pouvoir aider Sophie et Eric. En Polynésie Française, ce sont les parents biologiques qui choisissent les familles qui pourront adopter leur enfant. C'est une adoption nationale, et non internationale. Cependant, elle bénéficie d’un régime particulier qui intègre la tradition dite de l’enfant fa’a’amu. L’adjectif faʼaʼamu désigne les personnes et les pratiques autour du faʼaʼamuraʼa, pratiques traditionnelles d’adoption ouverte et de don d’enfant en Polynésie française, extrêmement répandues. 

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Après plusieurs histoires qui n'ont pu trouver un dénouement heureux, ce n'est pas une mais bien deux familles qui se tourneront vers eux. Contactés en mars 2020 à quelques jours d’écart, les époux sont choisis pour accueillir deux enfants à naître fin juillet 2020. Après quatre mois d'attente, le couple est heureux de faire la rencontre de ces deux bébés.

© Sophie Saule Lucas
© Sophie Saule Lucas


Seule ombre au tableau, leur agrément. En effet, ce dernier stipule que le couple peu adopter "un ou deux enfants en fratrie". Ils souhaitent donc le modifier pour ôter la notion de fratrie puisque leurs enfants ne sont pas frère et soeur. 

Nous avons été leurs parents pendant leurs sept premiers mois. Nous ne pourrons jamais gommer tout l’amour que nous portons à nos enfants et à leurs familles biologiques polynésiennes.

Sophie Saule Lucas

 

L’administration considère que la demande aurait dû être faite avant que la situation se présente. Il est demandé aux jeunes parents de se conformer à l'agrément et concrètement de ne choisir qu’un des deux enfants, ce que Sophie et Eric ne pourront faire.

Le couple souhaite maintenant partager son histoire, avec l'espoir de trouver quelqu'un qui pourra les aider.

L'histoire de Sophie Saule Lucas



 

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