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Le parcours urbain ne laisse personne à la rue

Une vingtaine d’enfants de Saint-Pierre s’initie cette semaine à l’art du déplacement. Dans le gymnase du lycée Emile Letournel, ces 15 garçons et 5 filles, âgés de 8 à 14 ans, sont encadrés par deux instructeurs venus d’une académie québécoise.

© SPM 1ère
© SPM 1ère
  • Par Emilie Boulenger
  • Publié le , mis à jour le
« On commence ensemble, on finit ensemble » : c’est le leitmotiv scandé par les instructeurs et les enfants pendant l’effort. Après un échauffement, assez long, les premiers passages au-dessus d’obstacles débutent. Sauts de chat, passe-murailles, roulades, comme s’il s’agissait d’éléments de la rue.
Les pieds et les mains font appui successivement dans des mouvements coordonnés. Rien n’est laissé au hasard, prévient Vincent Thibault, co-fondateur de l’académie québécoise d’ADD : « Le taux de blessures est presque nul. Il est possible de se blesser, comme dans tous les sports, mais il ne s’agit pas de faire dans l’adrénaline ».

L’instructeur sénior endosse le rôle de « monsieur sécurité ». Avec lui : Jonathan Saint-Pierre, également instructeur, fort de 12 ans d’expérience de la pratique. Ce mercredi 20 avril, il joue le « gentil flic ». Il guide les enfants sur les différents agrées mis en place pour l’occasion dans le gymnase du lycée Emile Letournel. Une démonstration qui ne manque pas d’impressionner les enfants.
Si le parcours urbain ressemble à une aire de jeux, Jonathan recadre : « Les petits veulent jouer, c’est un peu un défi pour les instructeurs. C’est à nous de les canaliser. »
 

Un sport universel

Dans la salle, certains enfants, plus agiles, se détachent. Pour eux, l’exercice semble plus aisé, tandis que d’autres portent un peu plus d’attention à la technique. « Les filles sont souvent plus réceptives », constate Vincent. « Parfois elles partent défaitistes, c’est dommage, précise Jonathan. Au sein de l’académie, c’est 50 % de filles, 50 % de garçons.» Et d'ajouter fièrement : « d’ailleurs, nous avons une directrice ».

Les deux instructeurs passionnés, vêtus des tee-shirts de l’académie du Québec, aiment à rappeler l’origine de l’activité. C’est en France qu’est né l’art du déplacement. Certains se souviendront peut-être du film Yamakasi d’Ariel Zeitoun, sorti en 2001. Il fait découvrir au grand public cette bande de jeunes banlieusards d’origines variées. Le mouvement s’est depuis exporté dans le monde entier. Le parcours urbain porte aussi un message de mixité ethnique.

Que les parents des jeunes stagiaires de l’archipel se rassurent, si dans l’œuvre cinématographique, les athlètes offrent des sauts vertigineux, les enfants sont bien conscients qu’il faut de la pratique pour exercer sans bobos.

Le reportage de Linda Saci et Aldric Lahiton :

Le parcours urbain ne laisse personne à la rue


 

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