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Le FIFO ouvre ses portes samedi jusqu’au 11 février à Papeete. Depuis 2004, ce festival propose au public de découvrir des documentaires et des courts-métrages océaniens. Comment est né le festival, quels ont été les moments forts, comment s’est-il développé, quels sont les prix ? Décryptage de La1ère.fr

Le FIFO en résumé

Pendant neuf jours à Papeete, le public est invité à découvrir une vaste programmation de documentaires, de court-métrages. Des rencontres, des ateliers sont également organisés autour du documentaire. Cette année, douze films sont en compétition.  Le jury est présidé par le réalisateur et scénariste Eric Lavaine. Vendredi 9 février, huit prix seront remis eu grand théâtre. 

© polynésie 1ère

 

#1 Comment est né le FIFO ?

Le festival international du film océanien est né d’une rencontre entre un Kanak et un Polynésien : Wallès Kotra et Heremoana Maamaatuaihutapu. Ils ont fait connaissance à Bordeaux quand ils étaient étudiants. Ils se sont ensuite retrouvés en Polynésie, l’un directeur de Polynésie 1ère, l’autre directeur de la maison de la culture de Tahiti. 

Wallès Kotra et Heremoana Maamaatuaihutapu © Le blog documentaire / Cédric Mal

 

Des histoires d'Océaniens
A force de travailler ensemble, l’idée de créer un festival est née.  "Nous sommes tous les deux des militants océaniens, explique Wallès Kotra à La1ère.fr. Moi je suis d’une petite île, Tiga, où l’on reçoit 200 chaînes de télévision avec des images du monde entier. Il était absolument nécessaire de créer, de raconter des histoires qui parlent de nous, les Océaniens".

Plage sur l'île de Tiga © NC1ère


Première édition en 2004
C’est ainsi qu’a été lancé le FIFO en 2004. Au début forcement, c’était artisanal, "il était difficile de trouver des films, ajoute Wallès Kotra. On s’est appuyé sur le fonds d’archives de RFO" . Mais dès la première édition, près de 15 000 personnes sont venues assister aux projections.
 

Hervé Bourges à Papeete
Le jury du premier FIFO a été présidé par une personnalité reconnue du monde de la télévision : Hervé Bourges, ex-Directeur de RFI, de TF1 puis de France Télévisions. "C’était mon professeur à l’Ecole de journalisme de Lille", confie Wallès Kotra. "Il nous a donné un bon coup de pouce".

Hervé Bourges en 2004 au festival de Cannes © AFP

 

#2 Comment le FIFO s’est développé ?

Dès le départ, il était très clair dans la tête des organisateurs qu’il fallait diffuser des documentaires sur l’Océanie, mais il fallait aussi qu’une production locale émerge. Des rencontres entre les responsables des chaînes de télévision de l’Océanie ont tout de suite été organisées, dès la première édition du FIFO.

Couverture des jeux du Pacifique
"Grâce à ces rencontres, nous avons pu nous mettre d’accord sur la couverture d’événements tels que les jeux du Pacifique, explique Wallès Kotra.

Les danseurs de la délégation tongienne aux derniers Jeux du Pacifique, à Port-Moresby, en Papouasie Nouvelle-Guinée © @Port-Moresby 2015

 

La civilisation de l'igname
"Nous avons aussi pu faire naître des projets de documentaire tels que Yam, quand l’igname raconte l’histoire des hommes, le premier film du réseau de télévisions de la Mélanésie (Nouvelle-Calédonie, îles Salomon, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Vanuatu), poursuit le co-fondateur du FIFO. "L'igname a accompagné la migration de nos pays, on parle chez nous de la civilisation de l'igname" 

Hors les murs
Le FIFO s’est développé "hors les murs", hors de Papeete. Depuis 12 ans le festival du documentaire océanien sillonne les 5 archipels de la Polynésie française. Plus de 300 projections ont été ainsi organisées en 2017. Le FIFO est aussi présent dans des festivals, en Nouvelle-Zélande, en Australie, à Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie, dans l’Hexagone aussi, à Paris, Biarritz, Cabourg, Nice ou Rochefort.

Le FIFO joue les prolongations aux Marquises
Le FIFO joue les prolongations aux Marquises


#3 Quels ont été les moments forts du FIFO ?

Pour Wallès Kotra, l’un des moments les plus forts des quinze FIFO dont il n’a loupé aucune édition a été la venue d’ Abderrahmane Sissako, le réalisateur de Timbuktu en 2016. Le film de fiction dont l’action se déroule au Mali en pleine invasion des Islamistes a été projeté dans le cadre du FIFO. Les deux salles étaient remplies. 

FIFO : rencontre avec Abderrahmane Sissako
Réalisateur de "Timbuktu", film primé par sept César en 2014, Abderrahmane Sissakopréside le jury du FIFO 2016  -  Polynesie1ere  -  En direct

 

Aux enfants de la bombe
En 2013, le documentaire Aux enfants de la bombe a été l’événement du festival. "Jusqu’alors, il y avait une omerta sur ce sujet, précise Wallès Kotra. Des associations se battaient pour obtenir des réparations, mais le débat n’était pas sur la place publique. Le FIFO a libéré la parole". Le film de Christian Bonnet et Jean-Philippe Desbordes a remporté le prix du jury du 10e FIFO.

La bande-annonce
Aux enfants de la bombe


Au festival d'Avignon
Le comédien et metteur en scène Greg germain qui était président du jury cette année-là a fait venir le film en Avignon au moment du festival.

Le comédien Greg Germain, Président du jury du 10 ème FIFO

 

Pouvana'a a Oopa
Le premier film documentaire sur Pouvana’a a Oopa projeté en 2012 a aussi été un événement marquant du FIFO. Des gens de Huahine, l’île natale de l’homme politique emblématique de la Polynésie, avaient fait le déplacement. "On a été débordé, se souvient Wallès Kotra, le co-fondateur du festival. On a dû organiser une projection supplémentaire à l’extérieur".

L'Elu du peuple - Pouvana'a te metua

 

La disparition d'une île
En 2010, un film de Nouvelle-Zélande a également frappé par sa force. Dans There Once was an island Te henua e noho, on comprend la réalité de la hausse du niveau des mers et ce qu’elle implique concrètement pour une famille. La réalisatrice a passé 7 ans avec les gens de cette île. Des questions très concrètes se posent. "Que faire de nos ancêtres enterrés ?"


Une présidente engagée
Le film a remporté le Grand prix FIFO du jury présidé par Florence Aubenas. La journaliste a marqué par sa présence en lançant un "pavé dans la mare" dénonçant de manière claire mais très diplomatique le manque de moyens des films documentaires francophones par rapport à ceux faits en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
 


Des films marquants
Beaucoup de films ont encore marqué le FIFO tels que Horo’a, le don de Jacques Navarro-Rovira ou Nickel, l’or des Kanak d’Anne Pitoiset.

 

#4 Quels sont les prix qui récompensent les films ?

Cette année, il y a huit prix au total dont trois décernés par le public.
Prix décernés par le jury:
- Un grand prix FIFO-France Télévisions
- Trois prix spéciaux du jury
- Un Prix remis par la fondation Okeanos pour un film dont le thème porte sur le protection de l'environnement.

Prix décernés par le public:
- Un prix du public pour le documentaire préféré de la sélection (en compétition, hors-compétition et écrans océaniens confondus)
- Un prix du meilleur court-métrage documentaire (parmi la sélection Fenêtre-sur-courts)
- Un prix du meilleur court-métrage de fiction (parmi la sélection de la 9° Nuit de la Fiction)

© Polynésie 1ere


Palmarès du FIFO 2017
L'an dernier, le FIFO présidé par Stéphane Martin, le président du musée Quai Branly, a récompensé une jeune australienne Hollie Figer pour The opposition et Jacques Navarro-Rovira pour Allons, on danse. Reportage ci-dessous de Polynésie 1ère : 
Remise des prix du 14ème FIFO

 

#5 Qui compose le jury du 15e FIFO ?