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[SERIE] "Jeunes Ultramarins du numérique" 3/5 - Gaël Musquet, Guadeloupéen : "Je suis un évangéliste de l'Open Source"

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Gaël Musquet
Gaël Musquet défend les "open data", des données principalement publiques, libres de droits, gratuites et exploitables. ©TDB
Citoyen engagé, le Guadeloupéen Gaël Musquet défend le logiciel et les données libres. Passionné de cartographie, de météorologie et du numérique, il est convaincu que "l'open source" est l'avenir de la démocratie. Il a monté le projet Carib Wave, une simulation de tsunami à Marie-Galante.
À 35 ans, Gaël Musquet est bien connu dans le monde du numérique en France. Le Guadeloupéen s'est donné pour mission de défendre l'ouverture des données ("open data") et le logiciel libre, c'est-à-dire gratuits, libres de droits et exploitables par tous. "Je suis un évangéliste de l'Open Source", aime-t-il dire. Ses grandes passions : la météorologie, la cartographie et l'internet libre, disciplines qu'il associe au quotidien dans nombre de projets.


Le "déclic" Hugo

Sa première passion est née alors qu'il n'a que 10 ans. L'ouragan Hugo dévaste la Guadeloupe, son île natale, ainsi que sa maison. Le jeune Gaël se jure de tout faire pour empêcher que cela ne se reproduise plus et se destine à une carrière d'ingénieur météorologue. Adolescent, il fabrique déjà chez lui des capteurs météo à partir de données récoltées via un laboratoire de recherche américain.

Aucune école n'existant en Guadeloupe, il rejoint donc l'Hexagone à 21 ans pour étudier. Il suit une formation d'ingénieur météo à Rouen puis Troyes avant de gagner Aix-en-Provence. De 2005 à 2012, il y est chargé d'études en analyse de données pour le ministère de l'Écologie. 

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Gaël Musquet fabrique toujours des capteurs météo. La météorologie est une de ses grandes passions ©TDB

Fin 2011, on lui propose de travailler sur le défi numérique dans les campagnes pour l'équipe de François Hollande. Après l'élection de ce dernier, il décroche un poste à La Fonderie, l'agence publique numérique de l'Ile-de-France chargée d'accompagner ses politiques en la matière. Au quotidien, il accompagne collectivités et entreprises dans l'utilisation des données libres.

Les données libres pour "améliorer la vie de la cité"

Gaël Musquet est un homme engagé, "pas encarté, mais politisé". Pour lui, le traitement des données libres, un "bien commun", va permettre "d'améliorer la vie de la cité, de la rendre plus fluide et juste". Aux citoyens de se les réapproprier pour influer sur les politiques publiques, explique-t-il.

C'est dans cette optique qu'il participe en 2011 à la création d'Open Street Map France, dont il devient le premier président puis le porte-parole. Né en Angleterre en 2004, ce projet participatif a pour objectif de créer une carte numérique à partir des contributions volontaires de milliers d'internautes. Une alternative au quasi-monopole de Google Maps. Sans cesse complétées, les données cartographiques sont aujourd'hui utilisées par l'État et les collectivités, permettant de préserver une indépendance par rapport aux géants du web (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), principaux gestionnaires de nos données et de notre vie privée. Les cartes sont souvent plus riches avec nombre de données supplémentaires : voyez plutôt la carte de Saint-Louis à Marie-Galante (faites coulisser la barre centrale) :  


Projets humanitaires

L'autre avantage des communautés du logiciel libre : la possibilité de développer des projets humanitaires comme en Haïti, au Népal… ou en France hexagonale et Outre-mer. Depuis 2015, Gaël Musquet organise un exercice de simulation d'alerte tsunami à Marie-Galante, en Guadeloupe : le projet Carib Wave-Geeks contre tsunami, mené en parallèle de CaribeWave, projet international de l'Unesco et des Etats de la Caraïbe. Grâce au financement participatif sur internet, il a récolté 31 450 euros, 6 000 de plus que l'objectif initial. "Ici, on sait très mal donner l'alerte. L'île est un laboratoire de précision météo et de solution en cas de catastrophe naturelle. Il y a un enjeu citoyen, sauver des vies", assure-t-il.

Avec une équipe, il sera le 17 mars sur place pour mettre en place un dispositif de protection de la population. A l'aide d'un avion et des drones, il recueillera des données cartographiques, météorologiques et sismiques, et formera les locaux aux réseaux sociaux pour alerter, prévenir et éviter les rumeurs. En mêlant une fois de plus ses différentes passions. 

Gaël Musquet explique le projet Carib Wave à Julie Straboni de radio Outre-mer 1ère :

Regardez également le reportage de Pierre Lovene - Jean-Louis Kerek et Bruno Roux : 

 

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