Le SOENC-CFDT retarde la procédure de licenciements chez Koniambo Nickel

nickel province sud
Usine Koniambo
Mineurs calédoniens sur le massif de nickel du Koniambo. ©Alain Jeannin
C'est une victoire symbolique que vient de remporter le syndicat SOENC-CFDT de l'industrie minière et métallurgique du nickel de la Nouvelle-Calédonie.

La société multinationale Glencore et son partenaire calédonien SMSP, associés dans la gestion du grand complexe métallurgique de l'usine du nord, doivent suspendre - provisoirement - la procédure de licenciements de 140 salariés.

Victoire syndicale

Koniambo Nickel SAS doit suspendre la procédure de licenciements économique afin de procéder à l'information et à la consultation du comité d'entreprise. La décision a été rendue par le tribunal de Koné en Province Nord de Nouvelle-Calédonie, saisi en référé par la syndicat SOENC-CFDT du nickel. Le syndicat qui est majoritaire dans l'industrie minière et métallurgique du Territoire conteste la légalité du projet de licenciements annoncé par la société KNS ( Glencore-SMSP) qui dirige le grand complexe métallurgique du Nord. Confronté à la forte baisse des cours mondiaux du nickel et à d'importantes difficultés industrielles dans la montée en puissance de sa production, KNS a décidé la suppression de 140 emplois, dont 47 CDI locaux. 

Le plan de licenciements est donc retardé par le tribunal de Koné le temps de "procéder à l'information et à la consultation du comité d'entreprise de KNS sur le plan de réduction des coûts et sur les mesures projetées dans le cadre de ce plan" précise la décision de justice. 

La direction de Koniambo Nickel  réagit

"La décision du tribunal de Koné est une décision sur la forme qui ne remet pas en cause le bien-fondé du plan social" réagit la direction de Koniambo Nickel. La direction de KNS, l'un des plus gros employeurs de Nouvelle-Calédonie, a justifié son projet de 140 suppressions d'emplois par des exigences de "rentabilité". L'entreprise, fruit d'un partenariat entre le géant anglo-suisse des matières premières et du négoce Glencore et la société minière locale, SMSP, a annoncé le 22 septembre une réduction d'effectifs de 140 personnes sur un total de 936 employés. Cette décision intervient après un plan d'économie de 83 millions d'euros l'an dernier et un autre de 33 millions d'euros cette année.

En phase de montée en production, l'unité métallurgique au nord de l'archipel, dont le coût a déjà flambé à plus de 8 milliards de dollars, est confronté à des cours du nickel déprimés et à des problèmes techniques, suite à un défaut de conception des deux fours. Le premier a été reconstruit et remis en production au premier trimestre 2016. L'usine du Nord perdrait plus de 20 millions d'euros pas mois. 

Les licenciements, variable d'ajustement ?

Le SOENC-CFDT de KNS juge "inacceptable" cette baisse d'effectifs et dénonce au premier chef le licenciement de 47 employés locaux en CDI sur les 140 suppressions de postes, qui portent pour le reste sur des CDD et des contrats d'expatriation.
"Il y a un manque de transparence. Ils nous ont dit pendant des mois que tout allait bien, et d'un seul coup ils sortent ce plan. On n'accepte pas", a déclaré à l'AFP, Eddy Coulon, leader du SOENC-Nickel, principale organisation du site de l'usine du Nord adossé au massif du Koniambo, le plus grand gisement de nickel de la planète.