Un juge parisien saisi sur la mort en 2019 d'un couple de Français venus adopter en Haïti

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Plaque Cour de justice de la République Paris
©Celette
L'enquête sur la mort d'un couple de Français, tués par balles en 2019 dans la capitale haïtienne de Port-au-Prince, où ils venaient d'arriver pour une adoption, a été confié à un juge d'instruction parisien, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Après une plainte avec constitution de partie civile, une information judiciaire a été ouverte à Paris le 7 octobre pour homicide volontaire, a précisé une source judiciaire.

Le 24 novembre 2019, ce couple âgé d'une quarantaine d'années, habitant Saint-Martin d'Ardèche (Ardèche), venait d'atterrir à Port-au-Prince. Quelques heures plus tard, ils ont été tués en rejoignant leur hôtel en taxi, rappelle l'avocat de la famille du mari décédé, Me Stéphane Babonneau. Peut-être un "traquenard" tendu par des personnes informées de leur venue pour les voler, suppute-t-il.

"Si mes clients sont parfaitement conscients du fait que la situation politique et sanitaire en Haïti est extrêmement dégradée, rendant toute investigation sur place très complexe, il n'en demeure pas moins que les circonstances entourant l'organisation de leur voyage doivent également être éclaircies", a-t-il réagi. "Ils étaient suivis depuis plusieurs années par l'Agence Française de l'Adoption (AFA). Dès lors, la question d'éventuelles fautes d'imprudence, imputables aux structures qui les conseillaient dans leur projet d'adoption, restent aujourd'hui en suspens", a-t-il ajouté.
 
Sa plainte contre X avec constitution de partie civile vise des faits d'assassinat et d'homicide involontaire. Dans un courrier du 24 août 2020, la cheffe de cabinet du ministre des Affaires étrangères avait assuré à la famille que le dossier était "suivi avec beaucoup d'attention" par l'ambassade et qu'une juge d'instruction haïtienne enquêtait sur leur mort.

Au moment de leur décès, Haïti s'enfonçait alors un peu plus chaque jour dans une grave crise sociale et politique. Les manifestations à répétition, souvent émaillées de violences, réclamaient la démission du président Jovenel Moïse - assassiné en juillet 2021 - et la violence des gangs inquiétait la société civile. Ce couple de Français se rendait pour la première fois en Haïti dans le cadre d'une procédure d'adoption gérée depuis trois ans par l'AFA. "Ils ont fait tout ce qu'il fallait faire en termes de sécurité", avait-on assuré à l'époque à l'AFA.