VIDEO. A la 1ère page : Nassuf Djailani plonge dans l’âme mahoraise et ses tourments

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Comment réussir la traversée de la vie sans être fracassé ? Sur fond de roman noir, l’écrivain mahorais, Nassuf Djailani, tente de répondre à cette question dans "Cette morsure trop vive ". Son nouveau roman est aussi l'occasion de livrer un poème d’amour et une réflexion sur sa terre natale.

L’auteur : Nassuf Djailani

Nassuf Djailani est né en 1981 sur l’île de Mayotte dans l’archipel des Comores. Journaliste à France Télévisions, il écrit également pour la radio et la presse écrite et collabore à des revues littéraires en France et à l’étranger . Nassuf Djailani est auteur de nouvelles, poèmes et de pièces de théâtre. Il est lauréat du Grand Prix littéraire de l’Océan Indien pour Roucoulement (éditions Komedit, 2006). Il a également fondé une maison d'édition "Project'îles".

Son roman : "Cette morsure trop vive"

Sur la petite île de Mayotte, deux frères grandissent à l'ombre de leur mère vaillante. Entre les exigences maternelles et les passions soulevées par l'intrigante Marina, ils se jaugent et se construisent. Le destin déflagre alors au-dessus de leurs têtes. Soul, l'aîné, fier héros de guerre, se retrouve pris au piège d'un crime des plus sordides pour lequel il est le coupable tout désigné. Broyé par la machine judiciaire, il se débat entre douleur et désespoir. Lorsque le juge d'instruction s'immisce dans cette affaire tentaculaire, il révèle un trafic crapuleux. Au son du jazz et du chigoma, les trajectoires de ces êtres frappés par des tragédies se tissent et se heurtent. 

Extrait de "Cette morsure trop vive"

Soul était pris de panique, car il s’agissait d’un orteil humain qui se dressait là. Réfléchir était un boa autour de tout le corps. La panique était une puanteur qui le faisait fuir. Frémir de nervosité ajoutait à sa folie. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Le  papangue était loin, maintenant que sa réputation d’oiseau de mauvais augure était faite. L’orteil semblait danser au milieu des feuilles mortes.  Une mouche verte bourdonnait. La mort, c’était d’abord une odeur, avant d’être un corps sans vie.