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Les évacuations sanitaires des Wallisiens et Futuniens en Nouvelle-Calédonie sont un vrai casse-tête

La galère des malades "évasanés" vers la Calédonie. Transport, hébergement, soins, hôpital, pas facile de tout gérer. Helena Maluia témoigne. Elle vient tout juste de rentrer. Comment les choses se sont passées ? Quelle est la position de l'Agence de Santé ?
 

© WF la 1ère.
© WF la 1ère.
  • Marie Jo Iloai
  • Publié le , mis à jour le
Helena Malu’ia a été évasanée le 9 mai 2018 pour une opération du genou. Elle était accompagnée de sa fille et de son mari. Arrivés à Nouméa, ils ont d’abord été logés chez la famille de son beau-fils. Ils y sont restés trois semaines avant de rentrer à la clinique de la Baie-des-Citrons pour l’opération. A la sortie de l’hôpital, le souci de logement se répète :
 

"Après une semaine passée à la clinique, la famille de mon beau-fils nous a encore hébergés. Mais le problème c’était mon pied. Je venais de sortir d’une opération donc c’était vraiment difficile parce que c’était une maison sur pilotis. Il fallait monter les escaliers. Mais on m’a beaucoup aidée. Une fois à l'étage, je suis restée presqu'une semaine avant de pouvoir bouger et resdescendre. Ma fille et son mari devaient rentrer à Wallis pour leur travail et j'ai dû une nouvelle fois trouver un autre logement chez ma sœur..... Moi je souhaite que le territoire réagisse et se penche sérieusement sur le problème des évasanés en Nouvelle-Calédonie. Certaines personnes ont des enfants sur place, pour d’autres c’est pas le cas, comme moi. J’ai un fils mais il habite loin de Nouméa. Je souhaite qu’il y ait une maison d’accueil pour héberger les personnes évasanées."


Autre problème, celui de la continuité des soins pour son genou et de trouver le spécialiste conventionné pour travailler avec l'Agence de Santé de Wallis :

"Après l’opération de mon genou, j’ai eu des séances de kiné à la clinique. Une fois sortie, il fallait continuer mais le problème, c’est chercher un autre kinésithérapeute. Je suis restée une semaine à la maison sans séances de kiné. On a cherché un kinésithérapeute et il fallait qu’on trouve quelqu’un qui travaille ensemble avec notre Agence de Santé pour que les soins soient pris en charge."


Une maison d’accueil en Nouvelle-Calédonie pour les personnes évasanées de Wallis et Futuna et leurs accompagnateurs, c’est une des préoccupations de l’Agence de Santé mais dans l’immédiat, ce projet ne peut être supporté par le budget actuel. Etienne Morel est le directeur de l'Agence de Santé de Wallis et Futuna :

"Ce qu’il faut comprendre c’est que je n’ai pas le budget, pour héberger tout le monde en Nouvelle-Calédonie, c’est impossible. Vous dites que les familles, ça peut être lourd oui, mais d’un autre côté pour le moral des personnes hospitalisées, ça peut être bon. Pour l’accompagnement, ça peut être bon aussi de se retrouver dans une chaleur humaine et familiale.....On signera une convention de partenariat dès que possible pour à la fois je dirai accueillir les patients mais aussi parfois raccourcir aussi les durées d’hospitalisation parce que c’est quand même un peu ahurissant qu’on soit obligé de prolonger des hospitalisations à 2000, 3000 euros la journée parce que les personnes sont sans possibilité d’hébergement à la sortie."


L'Agence de Santé comptait faire baisser les evasans en améliorant le service localement avec le scanner et la venue plus régulière des médecins spécialistes sur Wallis et Futuna. Mais en fait cette stratégie a surtout amélioré les diagnostiques médicaux et mis à jour des pathologies non détectées jusqu'à présent obligeant du coup des nouvelles evasans grévant ainsi le budget de l'Agence de Santé. 1 532 637 602

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