L'autre vie du Jeune France autour du Grand Colombier

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Le Jeune France quitte le Port de Saint-Pierre pour le Grand Colombier ©Mathias Raynaud
C'est le retour des balades en mer à bord du Jeune France. Vers le Cap percé, Pointe plate ou le Grand Colombier, la régie des transports propose chaque semaine des excursions commentées pour mieux connaître la nature. Ce jeudi, le premier voyage a rassemblé près d'une centaine de passagers.

Il est 13h30 ce jeudi lorsque le navire appareille de Saint Pierre avec une majorité de jeunes Canadiens à son bord. Le francoforum avait planifié ce tour guidé pour des enfants originaires de Saint Jean, Grand Bank ou même Goose Bay au Labrador.

Reportage radio signé Linda Saci :

Tour du Grand Colombier


Un ciel bleu, un grand soleil et pas de vent, les conditions météo étaient excellentes pour sortir du Port et longer d’abord l’île aux marins pour le plus grand plaisir de Kaitlin, une Terre-Neuvienne de 15ans : « ça permet de découvrir les paysages de l’archipel et surtout de connaître son histoire ».

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©Mathias Raynaud

Et ce, en partie grâce à Jean Loup Berny qui commente la visite au micro en français comme en anglais avec humour et de multiples anecdotes. Alors que l’on aperçoit l’épave du Transpacific, il raconte le naufrage de ce navire en 1971 et l’apparition soudaine de superbes tondeuses à gazon dans les jardins de l’archipel.

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Jean Loup explique l'Histoire de l'archipel au fur et à mesure du voyage comme ici avec l'épave du Transpacifique ©Mathias Raynaud


La Saint Pierraise Joane Beaupertuis s’en souvient, elle qui avait 10 ans à cette époque, et qui a décidé d’embarquer à bord du Jeune France ce jour là pour découvrir le Grand Colombier : « C’est une première pour moi, je ne l’ai jamais vu de si près et je n’ai jamais vu de baleines non plus, et pourtant j'ai vraiment fait beaucoup de traversées dans ma vie ». 

Non loin de là, on retrouve la Miquelonnaise Eva Etcheverria, qui est aussi venue pour en savoir plus sur l’archipel et profiter de cette belle journée : « Quand je monte à bord de ce bateau normalement, c’est juste pour aller sur Langlade, là c’est super on découvre des choses. Je n'avais par exemple jamais approché l'île aux vainqueurs comme ça, et en plus il fait beau », ajoute-t-elle avec un grand sourire. 

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©Mathias Raynaud
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©Mathias Raynaud


A l’approche du Grand Colombier, les oiseaux assurent alors le spectacle pour les passagers. On y aperçoit des centaines, voir des milliers, de goélands argentés, de guillemots de Troïl, de petits pingouins, de macareux moine… De quoi ravir Meredith Vardy, une enseignante de Goose Bay qui effectuait son quatrième voyage sur le territoire : « c’est super pour les enfants de voir tous ces oiseaux et les phoques car il n’y a pas l’océan chez nous et puis ça leur permet de bien réaliser que Saint Pierre et Miquelon est un territoire situé au milieu de l’océan avec une histoire et des légendes ».

Des légendes comme celle du « homard pépère » tout droit sorti de l’imagination de Jean Loup pour attirer l’attention des enfants. Attention, il s’agit d’un homard géant qui veillerait sur son trésor au Grand Colombier et qu’il ne faut surtout pas réveiller !

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L'enseignante canadienne Meredith Vardy se félicite de pouvoir faire découvrir la géographie de l'archipel à ses élèves, comme ici à gauche, le fameux trou du homard pépère ©Mathias Raynaud

Au large de l’Anse à Henry, Jean Loup explique aussi de vraies histoires comme celle de l’installation de la Vierge dans les années 50 sous Monseigneur Maurer, en racontant au passage une petite anecdote dont il a le secret sur l’homme d’église : « A son arrivée, le Père François Maurer était jeune et tellement beau que son prédécesseur avait demandé aux jeunes femmes de ne surtout pas l’importuner. Malheureusement pour ces dames, il n’a jamais quitté la soutane ».

Après 1h30 de ballade, de nature et de récits, le Jeune France regagne tranquillement le Port de Saint-Pierre. Seul petit regret pour tous, les baleines qui ne se sont pas montrées. Une petite déception pour Julien Joly, qui avait son appareil photo prêt à chaque instant. Mais ce métropolitain originaire des Alpes aura tout de même passé un très bon moment : « c’est un moyen idéal pour découvrir la nature». Pas moins de 24 tours et balades seront proposés pour en faire autant jusqu'au 31 août.