Madagascar : demande de la levée de l'immunité parlementaire d'un député

Lycée sans toit après le passage d'un cyclone à Madagascar (Illustration)
Un député du Nord-Est de la Grande île est suspecté d'avoir détourné près de 394 millions d'ariary. Le Pôle anti-corruption est désormais en charge de l'enquête transmise par la Bianco. Il va demander la levée de l'immunité du parlementaire, suspecté d'être corrompu, pour poursuivre les investigations.

Des travaux payés, facturés, réceptionnés et jamais livrés, des commandes de matériel jamais arrivées, le tout pour un montant de 393 997 998 d'ariary (91 584 €), les agents de la Bianco sont en possession des preuves accablantes de l'implication du député de Sambava. Le site bianco-mg.org publie un résumé de ses investigations.

La justice de la région a été saisie. Huit personnes, dont deux chefs d'entreprises, sont inculpés pour corruption active. En clair, les magistrats ont poursuivi les corrupteurs, manque le corrompu. 

Ces dossiers tardent à être jugés et pour cause. L'un des principaux acteurs étant député, l'élu bénéficie de l'immunité parlementaire. 

La justice locale a transmis l'ensemble des pièces au Pôle anti-corruption. Celui-ci va désormais demander la levée de l'immunité parlementaire de l'élu, écrit L'Express de Madagascar.

Un adjoint du préfet, deux fonctionnaires et patron écroués

Les deux marchés visés datent de 2017 et 2018. Le premier concerne des travaux de réhabilitation et de rénovation de bâtiments publics, le second était destiné à l'achat de 5 556 feuilles de tôle pour rénover les toitures des écoles de la région. Deux marchés inscrits et votés par le Comité Local de Développement (CLD) du district de Sambava. L'un, des initiateurs de ces projets, était le député local, réélu depuis. 

Reste à savoir si les élus de la Chambre basse vont accepter la demande du Pac et lever l'immunité de leur collègue. Ces démarches ont rarement été couronnées de succès. 

Au Nord-Ouest, dans un dossier similaire, les enquêteurs du Bureau indépendant anti-corruption ont découvert un détournement de 168 millions d'ariary (environ 39 000 €). Cette somme était destinée à la réhabilitation de logements. Les travaux n'ont jamais eu lieu. Un adjoint du préfet et deux membres de la Commission d'Appel d'Offre (CAO) et un entrepreneur ont été placés sous mandat de dépôt, nous apprend Midi-Madagascar.