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Pourquoi ce mouvement est-il historique à La Réunion ?

Le mouvement des gilets jaunes à La Réunion prend aujourd’hui une dimension historique. C’est l’île entière qui gronde. Près de 37 barrages sont dressés. L’île est paralysée. Le préfet a ordonné un couvre-feu dans la moitié des communes de l’île, une décision inédite.

Manifestation du samedi 17 novembre à La Réunion. © IMAZ PRESS
© IMAZ PRESS Manifestation du samedi 17 novembre à La Réunion.
  • Laura Philippon / Pascal Souprayen
  • Publié le , mis à jour le

Un couvre-feu

"La mesure est forte et inédite". En annonçant, la mise en place d’un couvre-feu dans 13 communes de l’île à compter de ce mardi soir, 21h, le préfet de La Réunion donne le ton. L’île entière est face à un mouvement historique. Pour la première fois, un couvre-feu est instauré dans la moitié des communes de l’île. Même au plus fort des émeutes au Chaudron en 1991, les autorités n’avaient pas pris une telle décision.
 

Au-delà des quartiers

Avec ce couvre-feu, la préfecture espère rétablir la libre circulation des personnes et la sécurité sur l’ensemble du territoire. En effet, ce mouvement est également historique car il est étendu. En 1991, la colère sociale grondait essentiellement dans le quartier du Chaudron. Chaque année, des violences urbaines éclatent également dans des quartiers dits "sensibles" de l’île, mais pour la première fois, c’est tout le territoire qui est touché par ce phénomène qui revient chaque soir à la tombée de la nuit.
 

La présence d’enfants

Durant ces rassemblements nocturnes, de très jeunes enfants sont dans les rues. Leur présence interpelle et choque les Réunionnais. Ils sont nombreux à dénoncer la participation de mineurs à ces violences urbaines. Certains seraient âgés de moins de dix ans.
 

La voix du peuple

Si tout a commencé, samedi 17 novembre avec le mouvement des gilets jaunes, il semblerait désormais que la contestation et le mal être soit plus profond. Cette fois, La Réunion parle d’une même voix, celle du peuple pour dénoncer la vie chère, la hausse des prix des carburants, le chômage, la pauvreté et la politique jugée "anti-sociale" du gouvernement.
 

Aucun leader

Autre fait inédit de cette contestation, l’absence de leader. Le mouvement est populaire et citoyen. Conséquence : les avis peuvent diverger au sein des gilets jaunes sur les modes d’actions à adopter. Pour autant, la mobilisation fonctionne et ne faiblit pas. Par ailleurs, elle s'organise pour la première fois à La Réunion grâce aux réseaux sociaux qui sont un moyen de communication pour les manifestants. 

Les leaders syndicaux ou encore les politiques sont tenus à l’écart de la contestation. Les gilets jaunes le martèlent, ils ne souhaitent aucune récupération politique. Si Samuel Mouen du Collectif 974 a tenté au début de prendre la tête de la mobilisation, il a été très vite écarté. Samedi 17 novembre, il n’était pas suivi sur la place de la Préfecture puisque les manifestants sont partis d’eux-mêmes sur la route du littoral pour installer un barrage. Ce mardi encore, il n’était pas le bienvenue sur le barrage de l’aéroport de Gillot.

 

37 barrages sur le littoral et dans les hauts

Autre aspect de ce mouvement : les barrages routiers. Les manifestants se servent de palettes, de mobiliers, de voitures, de branches pour bloquer les routes de l’île aussi bien sur le littoral que dans les hauts. Au quatrième jour de blocage du département, près de 37 barrages sont dressés sur l’ensemble du territoire. Dès 5 heures du matin, un des premiers barrages se forme au niveau de la Plaine des Cafres, au 27e kilomètre.
 

La Région prise pour cible

L’île est entièrement paralysée : les écoles et les administrations sont fermées. La région Réunion est prise pour cible par les manifestants. Lundi, les gilets jaunes ont investi la pyramide inversée qui fixe notamment le montant des taxes pour les carburants.

Une question reste sans réponse ce soir encore : combien de temps cette crise sociale va-t-elle durer ?
 

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