Tourisme : Saint-Pierre et Miquelon peut (largement) mieux faire

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Paquebot de croisière devant l'Ile aux Marins ©Comité Régional du Tourisme
L'IEDOM de Saint-Pierre et Miquelon consacre sa note expresse de septembre 2014 aux chiffres et perspectives du tourisme. Malgré un potentiel de croissance et de diversification économique, ce secteur demeure encore une activité restreinte dans l’économie de l’archipel.
Depuis une dizaine d'années, le nombre de touristes stagne sur l'archipel. le Comité Régional du Tourisme en compte en moyenne 14 000 par an. mais ce chiffre tient compte de milliers de croisièristes dont certains ne quittent pas leur cabine lors de l'escale. Au final, l'hébergement-restauration, secteur emblématique de l'industrie touristique, ne pèse que pour 2% de la création de richesse (chiffres 2008), occupant 44 entreprises (soit 8% du total).

La France en Amérique du Nord

"Morceau de France en Amérique du Nord", l'archipel se "vend" surtout auprès de ses voisins canadiens, profitant de la liaison maritime avec Terre Neuve.
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La France en Amérique du Nord ©CRT

Les canadiens (62%) et les américains (14%) représentent les trois quarts des visiteurs sur l'archipel. 15% seulement arrivent de France métropolitaine, handicapés par les tarifs élevés des liaisons aériennes. Mais l'IEDOM note que les touristes issus d'autres pays sont en constante augmentation, et ouvre à l'archipel des perspectives de diversification lui permettant d'être moins soumise à la conjoncture canadienne.

Tourisme d'agrément surtout

Le tourisme d'agrément occupe plus des deux tiers de l'activité du secteur.
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Un restaurant à Saint-Pierre

Le tourisme d'affaires suit une tendance régulière à la baisse (- 4,1% par an), et ne représente plus que 11,7% des entrées. Les croisières apportent près de 20% des touristes comptabilisés. 

Développer les croisières ?

Le flux de croisièristes reste très aléatoire selon les années, variant du simple au triple, au gré des itinéraires choisis par les compagnies. Les escales "en port français" bénéficient d'avantages règlementaires spécifiques liés à la loi sur le cabotage, mais elles restent de courte durée, limitées à une demi journée ou une journée. Le Comité Régional du Tourisme (CRT) organise des manifestations afin d'inciter ces visiteurs à revenir pour un séjour plus long.
Croisières
Paquebot au quai en eaux profondes ©F Dotte

Mais dans une région du monde où l'industrie de la croisière connaît une croissance annuelle à 2 chiffres, elle représente une piste de développement intéressante pour Saint-Pierre et Miquelon.

Montée en gamme

L'hotellerie de l'archipel bénéficie actuellement de 152 chambres, qui se sont au fil du temps orienté vers une montée en gamme, avec notamment la construction de 2 nouveaux hotels à Saint-Pierre, et d'une auberge à Miquelon.
Hotel Jacques Cartier
l'Hotel Jacques Cartier à Saint-Piere ©SSPM 1ère

Après une diminution en 2011, l'offre s'est stabilisée, mais reste inférieure à la demande lors des pics saisonniers des mois de juillet et août.

Une voie de diversification majeure pour l'archipel ?

A travers son shéma de développement, la Collectivité Territoriale porte plusieurs projets structurants visant à renforcer l'attractivité du territoire, le développement du tourisme hors saison, et la montée en gamme. Elle prévoit notamment la mise en service d'un navire ferry dans les années à venir, permettant des liaisons en voiture avec Terre Neuve. 
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Le traversier Le Cabestan ©CRT

Mais l'IEDOM note que l'archipel souffre encore d'un déficit de coordination des acteurs et des politiques publiques, et de nombreux freins au développement touristique. 
Son identité française en Amérique du Nord, et la croissance économique rapide de ses voisins canadiens, offre pourtant à Saint-Pierre et Miquelon de réelles perspectives de renforcement de son économie touristique


Francoforum
Le Franco-forum ©Studio Michel Briand et Fils - Franco-forum
Tourisme linguistique, une croissance forte grâce au Franco-forum
Crée il y a 22 ans, cet institut français d'apprentissage et d'immersion linguistique répond à une demande grandissante de maîtrise de la langue française chez les canadiens anglophones.
Depuis 2000, le Franco-forum a accueilli près de 17 000 stagiaires. Son activité est en pleine progression avec un taux de croissance annuel moyen de 3,5 %.
Les stagiaires, majoritairement issus de la Province canadienne voisine de Terre-Neuve, sont hébergés et consomment dans l'archipel durant toute l'année. Ils alimentent ainsi significativement l'activité touristique, y compris hors saison.
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