À 4000 kilomètres de la France, une offre de soins inédite à Saint-Pierre et Miquelon

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Dossier santé : l'offre et soin à Saint-Pierre et Miquelon
©Philip Grondin
Malgré la présence d'un hôpital public, d'un centre de santé et de quelques pratiquants libéraux, l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon ne peut répondre seul à toutes les situations sanitaires. Isolé, le territoire dispose de partenariats inédits avec la France et le Canada.

Le centre hospitalier, le vaisseau amiral


Ouvert en 2013, le nouveau centre hospitalier François Dunan (CHFD) accueille une douzaine de praticiens hospitaliers, des pharmaciens, un psychiatre, un gynécologue, un anesthésiste, trois urgentistes, un radiologue ou encore un chirurgien. 

Toutes les spécialités ne sont pas représentées. L’établissement fait donc appel à des spécialistes qui se déplacent sur le territoire dans le cadre de missions ponctuelles.

Avec un budget de fonctionnement de 30 millions d’euros en 2018, le CHFD est financé par la caisse de prévoyance sociale.
 

Un centre de santé pour combler la faiblesse de l’offre libérale


Créé en 2005, le centre de santé a pour vocation de pallier le manque d’offres libérales sur le territoire grâce aux  médecins de ville, infirmiers, dentistes et autres kinésithérapeutes qu’il accueille.

En effet, seuls trois médecins et deux infirmières exercent en libéral sur le territoire, en plus de deux dentistes qui exercent dans un cabinet mutualiste.
 

Les évacuations sanitaires, l’autre pilier de l’offre de soins


Elément indispensable à l’offre de soins à Saint-Pierre et Miquelon, l’évacuation sanitaire (Evasan) s’impose souvent comme l’unique recours dans le traitement de nombreuses maladies et autres situations d’urgences.

Le Canada, avec les villes de Saint-Jean (Terre-Neuve) et d’Halifax (Nouvelle-Ecosse) en premier lieu, accueille la grande majorité de ces déplacements (76,8 %) tandis que l’option de la métropole s’impose dans 23,2 % des situations.

En 2018, les 1395 dossiers d’évasans représentaient un coût global de 6,6 millions d’euros.
 

La télémédecine pour limiter les missions de spécialistes et les évasans


Mise en place en 2013, la télémédecine a fait l’objet d’un net développement grâce à un protocole de collaboration établi avec le CHU de Rennes en 2016.

Devenu le pôle référent, l’établissement breton s’est ainsi engagé à poursuivre les déplacements de spécialistes sur l'archipel avec l’objectif d’anticiper les missions de spécialistes sur le territoire et de faciliter la prise en charge des patients évacués vers la métropole.

Ce fonctionnement permet de raccourcir les délais entre la télé-expertise, la téléconsultation et la prise en charge réelle du patient à son arrivée dans l’un des services du CHU de Rennes.

Le reportage de Véronique Urtizbéréa et Emmanuel Morel.
©saintpierremiquelon
 

"Les survivantes", un magazine à l’image de ces problématiques


Cancer féminin le plus fréquent, le cancer du sein n’épargne pas les femmes de Saint-Pierre et Miquelon. Si son diagnostic peut être posé localement, sa prise en charge s’effectue toutefois en dehors de l’archipel, exacerbant le sentiment d’isolement ressenti par les patientes.

En novembre 2018, cinq femmes de l’archipel se sont déplacées au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Ecosse où l’on prône une approche dite de santé communautaire, fondée sur les échanges de parole et les partages de savoir et d’expériences entre patientes et professionnels de santé.

L’objectif pour les Saint-Pierraises est de s’inspirer de ces méthodes localement. Depuis, une association a vu le jour localement avec pour objectif de se regrouper pour se soutenir et de créer du lien afin de rompre l’isolement.

Un magazine signé Martine Briand, Jérôme Anger, et Marc Guérin.
©saintpierremiquelon
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