Journée mondiale de la prévention du suicide : les conseils d'une psychiatre pour aider un proche atteint de dépression

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Près d'une personne sur cinq dans le monde fait face à la dépression au cours de sa vie selon l'Inserm. À l'occasion de la journée mondiale de la prévention du suicide, la psychiatre Danièle L'Espagnol est revenue sur cette pathologie qui touche aussi les Saint-Pierrais et les Miquelonnais. 

SPM la 1ère : Quels sont les signes d'une dépression ?

Danièle L'espagnol : "Il peut y avoir une angoisse, des troubles du sommeil qui apparaissent avec des difficultés à l'endormissement ou des réveils dans la nuit. Il va aussi y avoir une tristesse, une diminution des envies pour faire des activités qui sont habituelles. Il peut y avoir un repli sur soi et une dévalorisation : 'je ne vaux rien, je suis bon à rien, j'ai rien fait de bien dans ma vie.' Ce sont des idées noires, qui peuvent parfois conduire à des idées suicidaires."
 

SPM la 1ère : Quelle est la différence entre une déprime et la dépression ? 

Danièle L'espagnol : "C'est compliqué parce que la dépression est très souvent masquée. À l'adolescence, il y a souvent un passage à vide. L'adolescent se cherche et doit passer de l'enfance à l'âge adulte. Les adultes aussi peuvent vivre des moments de tristesse, de vague à l'âme, qui peuvent être associés à de la déprime. Mais la dépression, ça va être l'accentuation des symptômes cités plus haut. Quelqu'un qui ne peut plus dormir du tout, pendant plusieurs nuits d'affilée, qui ressent une grande tristesse, une angoisse qui peut être palpable par l'entourage. Enfin, il y a un isolement, un repli sur soi et une désaffection pour tout ce que la personne aimait."

SPM la 1ère : Face à la dépression d'un proche, que faut-il faire ?

Danièle L'espagnol : "Il faut en parler avec la personne concernée et entamer le dialogue. Il faut essayer de comprendre ce qu'il se passe. Il y a souvent une raison... Pas toujours mais la plupart du temps. Il y a par exemple une rupture amoureuse, un problème au travail, du harcèlement, un deuil, l'impression de ne plus avoir d'avenir... Il faut demander s'il y a des idées noires et aider la personne à mettre des mots sur tout cela. 

Bien entendu, ce n'est pas toujours faisable. À ce moment-là, il faut pouvoir se tourner vers un professionnel, à savoir un médecin généraliste, un médecin psychiatre ou un psychologue. Si la personne ne veut pas se faire aider, il faut essayer de la convaincre. Certains patients changent d'avis et acceptent lorsqu'il y a consensus dans leur entourage sur la nécessité de se tourner vers un professionnel. S'il y a toujours un refus de voir un thérapeuthe et que la situation est très inquiétante, il y a la possibilité de faire une demande d'hospitalisation par un tiers, aux urgences. Il sera alors vu par un médecin psychiatre qui décidera - ou non - d'une hospitalisation."


Retrouvez l'entretien complet avec la psychiatre Danièle L'Espagnol :

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