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Trois questions à Catherine Losier, professeur d'archéologie, en mission à Saint-Pierre

Depuis le 10 juillet, des fouilles archéologiques sont en cours sur le site de l'Anse à Bertrand, à Saint-Pierre. Quelques artefacts ont déjà été retrouvés. Les recherches se poursuivent. Entretien avec Catherine Losier, professeur d'archéologie à l'université Memorial, à Saint-Jean de Terre-Neuve.

© SPM 1ère
© SPM 1ère
  • Par Emilie Boulenger
  • Publié le , mis à jour le
Etes-vous satisfaite de cette première semaine de fouilles? Les résultats sont-ils prometteurs?
Absolument, nous avons bien avancé. Pour le moment, nous avons surtout enlevé la tourbe sur le site. Les sondages sont quand même assez grands : 2m x 5m, donc cela représente beaucoup de mètres cubes à déplacer, mais au moins dans l'un de nos deux sondages, nous avons trouvé une structure de pierre. Nous pensons que c'est trop près de la côte pour être une grave... Cela pourrait être une saline, mais nous allons avoir besoin d'explorer un peu mieux avant de pouvoir affirmer avec certitude de quoi il s'agit. Pour le moment, nous enlevons la terre qui se situe entre les pierres pour bien les dégager et pour trouver également les artefacts qui y sont associés. Ensuite, nous enlèverons les pierres.

Les fouilles avancent bien à l'Anse à Bertrand © SPM 1ère
© SPM 1ère Les fouilles avancent bien à l'Anse à Bertrand


Quels artefacts avez-vous trouvés jusque-là?
Nous avons trouvé beaucoup de matériel en métal, peut-être associé à la pêche ou aux activités qui se déroulaient sur le site : des clous, des tiges. Nous avons aussi une espèce de crochet qui a l'air d'une gaffe et ce qui ressemble à des électrodes en graphite utilisées pour les doris. Autre trouvaille : un petit plomb pour la pêche et une fiole complète d'huile de ricin donc c'est un peu plus récent, mais c'est quand même probablement début 20ième siècle.

Une fiole d'huile de ricin a été retrouvée sur le site © SPM 1ère
© SPM 1ère Une fiole d'huile de ricin a été retrouvée sur le site

Vous donnez régulièrement rendez-vous au public pour tenir la population informée de l'avancée des fouilles. Pourquoi cette démarche?
Nous recherchons l'interaction avec les gens. Nous sommes assez chanceux. Nous l'avons déjà. Des personnes qui ont habité l'Anse à Bertrand durant l'été avec leurs parents sont déjà venues nous voir. Nous avons discuté ensemble et c'était très intéressant. Et puis, il n'y a pas énormément de projets archéologiques qui se sont déroulés dans l'archipel. C'est donc l'occasion de montrer aux gens ce qu'on fait, ce qu'on trouve, comment on travaille, quel est l'intérêt de faire de l'archéologie sur des périodes aussi récentes. A Saint-Pierre et Miquelon, on connaît bien l'Anse à Henry, qui est un site préhistorique associé aux occupations paléo-Inuits et amérindiennes, et là, l'idée, c'est de fouiller un site de la période coloniale.

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