guadeloupe
info locale

Esclavage : le temps des réparations ?

société
Dans une tribune publiée dans Le Monde ce vendredi, le Cran appelle a un débat national sur les réparations liées à l’esclavage.
C’est un sujet qui, s’il prend de l’ampleur, risque d’animer les soirées entre amis. Peut-on réparer, plus de 160 ans après l’abolition, les dommages causés par des siècles d’esclavage et de traite négrière ? Est-il seulement possible de chiffrer ces dommages, ou même de les qualifier ?

Le Cran, Conseil représentatif des associations noires a signé dans le Monde un appel pour un débat national sur ces réparations. Et, à défaut de chiffrer précisément un montant à attribuer aux pays lésés, rappelle quelques vérités historiques. "Beaucoup de gens l’ignorent, mais, après l’indépendance d’Haïti, les colons français ont exigé des réparations en invoquant le " préjudice " que leur faisait subir la liberté nouvelle conquise par les esclaves", écrivent les signataires. Le pays s’est endetté pendant plus d’un siècle pour honorer sa dette. "En 1849, au lendemain de l’abolition de l’esclavage dans les autres colonies françaises, des réparations ont à nouveau été octroyées... aux propriétaires d’esclaves", ajoutent les signataires.

Car si la loi Taubira de 2001, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’Humanité incluait la notion de réparations symboliques et culturelles, cette fois-ci, c’est bien d’argent dont il s’agit. Non pas d’un montant forfaitaire versé aux descendants d’esclaves, mais de consentir à des "réparations pour discuter de nouvelles actions et politiques publiques, permettant de répondre à l’héritage durable de l’esclavage colonial : racisme anti-Noir, discriminations, inégalités", défend le Cran. Et de citer l’exemples américain ou plusieurs Etats ont voté des lois obligeant les grandes entreprises dont le capital de base était issu de l’esclavage de le faire savoir publiquement. Ainsi dans l’Illinois, la banque JP Morgan Chase après avoir reconnu s’être enrichie grâce à l’esclavage "s’est engagée dans un processus de réparation en accordant 5 millions de dollars de bourses d’études pour les jeunes des ghettos noirs de Chicago".

Le président du Cran Louis-George Tin, les députés européens Jean-Jacob Bicep, Eva Joly ou encore Daniel Cohn-Bendit, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent sont quelques un des signataires de cet appel. Le sujet selon eux, mérite d’être discuté et débattu au niveau national. Plusieurs associations, dont la Coffad, le Carn, ou Banlieue citoyenne ont été reçues le 29 mai par une conseillère de Jea-Marc Ayrault. Dans un communiqué, ils affirment que Matignon s’est "engagé à organiser avant le 8 novembre prochain une réunion interministérielle" sur le thème.
Publicité