L'allocution du président MACRON déconcerte les acteurs Guadeloupéens

politique
Réactions à la 4ème allocution du président
Retour à l'école obligatoire dès le 22 juin, relance de l'économie, déboulonnage des statues représentant des esclavagistes... le chef de l'Etat a dressé sa feuille de route, pour les jours et mois à venir, ce dimanche 14 juin. Des déclarations qui laissent certains pantois. Réactions :
En un peu moins de 20 minutes, dans une allocution télévisée, sans contradicteur, le président Emmanuel MACRON a fait un tour d'horizon des grands sujets du moment qui préoccupent les Français et singulièrement les Ultramarins.
 

Accueil obligatoire de tous les élèves dès le 22 juin.

Dès demain, en Hexagone comme en Outre-mer, les crèches, les écoles, les collèges se prépareront à accueillir, à partir du 22 juin, tous les élèves, de manière obligatoire et selon les règles de présence normales. (Emmanuel MACRON)

Voilà les directeurs de crèches, les mairies et les Départements indirectement sommés de préparer les établissements, pour permettre l'accueil de tous les élèves, dès le lundi 22 juin 2020.
Pour les parents, plus question de volontariat ; l'école redevient obligatoire et ils doivent envoyer leurs enfants.
Alors que, depuis le début du déconfinement, le nombre d'élèves acceptés en classe était plus que limité (4 mètres carré par élève, au sein d'une même salle), les enseignants, quant à eux, devront assumer la totalité de leurs élèves, dans une semaine.
Guillaume MARSAULT, cosecrétaire du syndicat d'enseignants SNES-FSU, regrette que le président n'ait pas évoqué l'implication des professeurs durant le confinement. Des professionnels qui ont assuré la continuité pédagogiques dans des conditions parfois compliquées. Interrogé par Eric STIMPFLING, Guillaume MARSAULT dénonce le fait que la décision du Président soit illogique, dans le contexte actuel de circulation de la Covid-19 :
©Guadeloupe La 1ère
Retourner à l'école à deux semaines de la fin de l'année scolaire, une aberration, aux yeux de Michel GEDEON. Le président de la FAPEG, la fédération de parents d'élèves en Guadeloupe, y voit la volonté du Gouvernement de transformer les établissements en garderie :
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Les déplacements entre territoires 

Les déplacements entre les pays européens sont autorisés, dès ce lundi 15 juin. Pour les pays hors espace européen, il faudra patienter jusqu'au 1er juillet, selon la directive d'Emmanuel MACRON :

Extrait de l'allocution du chef de l'Etat, sur la relance de l'économie touristique, notamment

Concernant l'espace aérien, si la situation évolue dans l'Hexagone, il y a peu ou pas de changement en Outre-mer.
Seul le "motif impérieux" est supprimé à compter de ce 15 juin. Test et "septaine" restent en vigueur. De quoi satisfaire Elie DOMOTA. Le secrétaire général du syndicat de salariés UGTG demande le maintien de contrôles stricts, pour éviter l'importation de nouveaux cas de Covid-19. Il répond à Eric STIMPFLING :
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Relance de l'économie en zone verte

Emmanuel MACRON souhaite davantage de travail et de production, pour tendre vers une indépendance des autres pays.

La première priorité est de reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire (...) Nous avons décidé des plans massifs pour les secteurs les plus durement touchés : l'industrie automobile, l'aéronautique, le tourisme, la culture, la restauration, l'hôtellerie... et nous poursuivrons. Au total, nous avons mobilisé près de 500 milliards d'euros, pour notre économie, pour les travailleurs, pour les entrepreneurs, mais aussi pour les plus précaires. C'est inédit. (Emmanuel MACRON)

Sur ces deux questions de relance du tourisme en Guadeloupe et de relance de l'économie globale, Bruno BLANDIN, président de l'organisation patronale UDE-MEDEF, pour sa part, demande plus de clarification, au micro d'Eric STIMPFLING :
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"Aucune statue ne sera déboulonnée"

Alors que la France manifeste, le président de la République s'est également exprimé sur la lutte contre le racisme, mêlée à de la défiance envers les forces de l'ordre . Emmanuel MACRON estime que :

Les policiers méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation. (Emmanuel MACRON)

Une déclaration qui n'apaise pas totalement Claude JEANNAY, secrétaire départemental du syndicat "Alliance Police" :
Claude JEANNAY

A propos des débats sur l'Histoire et le déboulonnage des statues de certains personnages controversés, à cause de leurs rôles supposés durant la période esclavagiste et la colonisation, le Chef de l'Etat dit un "NON" catégorique :L'ancien Délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, Claudy SIAR n'a pas été convaincu par l'annonce du président : Déception et indignation aussi, hors de chez nous, exprimée par certains élus et personnes publiques :

Aux Etats Unis, en Europe, en Australie, le passé est interrogé. Le monde bouillonne d’idées, d’actions et d’espoirs nouveaux, dans la lutte contre le racisme et les discriminations. En France, [Emmanuel Macron], dans un accès de violence réactionnaire ferme la porte à tout. (Le député européen LFI, Younous OMARJEE)


Pas de surprise, du point de vue de François DURPAIRE. L'historien estime que cette allocution était plutôt un message à l'électorat droitier d'Emmanuel MACRON. Interviewé par Karine ZABULON, il regrette tout de même la caricature :

On a l'impression qu'il y a, d'un côté, des gens violents et fous, qui veulent déboulonner et de l'autre, la République. Alors que la voie empruntée par la France est une voie de discussion entre associations et municipalités au passé négrier. (François DURPAIRE)


Louis-Georges TIN, président d’honneur du conseil représentatif des associations noires de France, en profite pour rappeler que le chef de l'Etat ne peut pas tout décider. Il est interviewé par Karine Zabulon :

Louis-Georges Tin