Assassinat du président haïtien : sa veuve, Martine Moïse, entendue par le juge d'instruction

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Martine Moïse
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Martine Moïse, ancienne Première dame haïtienne, a été auditionnée pendant plusieurs heures mercredi 6 octobre, en qualité de témoin, par le juge d'instruction qui enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée le 7 juillet par un commando armé.

Vêtue d'une robe noire, Martine Moïse est arrivée au parquet de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, sous haute protection policière et entourée en permanence par plusieurs gardes du corps étrangers, lourdement armés.
Plusieurs dizaines de partisans de l'ancien chef d'Etat s'étaient réunis mercredi devant l'établissement et dans sa cour pour témoigner de leur soutien à Martine Moïse.

Une entrevue de plusieurs heures avec le juge

La veuve du président assassiné s'est entretenue quelques minutes, en privé, avec le doyen du tribunal de Port-au-Prince avant de passer plusieurs heures dans le bureau du juge Garry Orélien.
A sa sortie, Martine Moïse n'a fait aucune déclaration.
Les agents de sécurité chargés de sa protection l'ont placée dans un véhicule du cortège qui a aussitôt quitté la zone, un quartier du centre historique de la capitale que les gangs contrôlent depuis plusieurs mois.

Grièvement blessée par balles, Martine Moïse avait été évacuée aux Etats-Unis dans les heures suivant l'attaque du 7 juillet.
Elle était brièvement revenue en Haïti pour assister, le 23 juillet, aux funérailles nationales organisées en hommage à son mari au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, avant de retourner en Floride pour subir plusieurs interventions chirurgicales.

Le doute plane encore

L'ancienne Première dame est arrivée vendredi soir en Haïti, passant notamment quelques heures lundi dans le sud-ouest du pays, ravagé le 14 août par un séisme tuant plus de 2 200 personnes.

Trois mois après l'assassinat du président, le doute plane toujours sur les commanditaires de cette attaque au cours de laquelle aucun policier n'a été blessé.
Quatre hauts gradés des forces de l'ordre haïtiennes ont été placés en détention et au total quarante-quatre personnes, dont 18 Colombiens et deux Américains d'origine haïtienne, ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête.