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Bye Bye Kaï

Le lamantin survivant du centre d'élevage de Blachon, au Lamentin, pourrait finalement retourner au zoo de Singapour, ou être hébergé dans un autre parc animalier. Le projet de réintroduction du lamantin en Guadeloupe prend un coup dans l'aile, mais il n'est pas abandonné pour autant. 

Le lamantin © U.S. Geological Fact Sheet 010-99
© U.S. Geological Fact Sheet 010-99 Le lamantin
  • Sébastien Gilles et Eric Stimpfling
  • Publié le
Le projet de réintroduction du lamantin en Guadeloupe va donc être sérieusement révisé. Le programme de reproduction en captivité est reporté, au profit d'un programme de relâché d'aniaux adultes. Une nouvelle stratégie qui n'intègre pas Kaï, le seul des deux lamantins donnés par le zoo de Singapour, encore vivant. 
Il devrait donc être renvoyé vers son lieu d'origine, dès que son état de santé le permettra. 

Un projet remanié

Il s'agit d'un nouveau revers dans ce projet. Après la mort de Junior, le congénère de Kaï, en août 2016, quelques mois seulement après son arrivée en Guadeloupe...
La stratégie de reproduction en captivité est donc stoppée. Les responsables du Parc se tournent désormais vers le Mexique et un programme de relâché d'animaux adultes en milieu naturel. 
Des négociations sont en cours avec les autorités mexicaines, pour 4 spécimens adultes : 2 mâles et 2 femmes. Il s'agit là encore d'animaux captifs, mais vivant dans un milieu semi-naturel. La législation internationale interdit en effet, pour l'heure, d'envisager la capture et le transfert vers la Guadeloupe d'animaux totalement sauvages. L'espèce est extrêmement protégée. 
Les responsables du Parc et les scientifiques mexicains espèrent qu'après une période d'acclimatation, à Blachon, les 4 lamantins en question pourront s'adapter à nos eaux et notre environnement. 

Kaï, sur le départ

Quand à l'avenir de Kaï, il ne passe plus par les eaux et les herbiers du Grand Cul-de-sac de marin, mais par la case captivité, le seul mode de vie qu'il a connu et qu'il connaîtra jusqu'à sa mort. Il devrait rejoindre le zoo de Singapour. 
Après une baisse de forme en juillet dernier, il va mieux, même s'il semble encore loin de l'état de santé optimal qui lui permettra de résister au voyage retour. 

Sentiments mitigés autour du nouveau programme

Si Ferdy Louisy, président du Parc National se félicite de la poursuite du programme, notamment sur sa page Facebook,
Nicolas Barré, le vétérinaire et membre du conseil scientifique du Parc perçoit différemment cette nouvelle orientation. Son sentiment sur cette première expérience est plutôt mitigé. . 
"L'avenir de Kaï a été balayé un peu rapidement. Il est certes, un lamantin affaibli, un peu atypique, rescapé d'une pathologie rénale, mais il a coûté cher à faire venir, il a coûté cher à entretenir, et cela va coûter cher à le faire repartir. Mon avis personnel et non celui du représentant du conseil scientifique, c'est qu'on pourrait essayer d'en tirer parti pour voir s'il est capable de s'adapter dans un environnement semi-naturel, si on pourrait faire des prélèvements de sperme, pour éventuellement diversifier la future population. Je ne suis pas forcément dans le sentiment général concernant le devenir de Kaï" a t-il expliqué. 

Aucun calendrier n'est évoqué pour l'arrivée des 4 lamantins mexicains, mais il y a peu de chance pour que ces nouveaux arrivants ne se baignent à Blachon en 2018.

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