Comment la crise sanitaire est venue nous rappeler l'importance du principe de précaution...

éditorial
Tests à emporter
Les biologistes et techniciens de l'institut en mode "drive" ©Sophie Vingadassalom

L’importance du principe de précaution, c’est un peu ce que ne cesse de nous démontrer l’épidémie de coronavirus depuis maintenant plus d’un an…

J’en veux pour preuve, son arrivée même sous nos latitudes, apportée notamment par la croisière, alors même que de nombreuses voix s’élevaient déjà pour réclamer la suspension de l’activité. Interruption finalement intervenue début 2020 mais peut-être un peu trop tard.

J’en veux aussi pour preuve, le regain de cette épidémie en septembre et octobre derniers, avec à ce moment là en Guadeloupe, le taux de mortalité le plus élevé de France... A l’issue donc d’une période de grande vacances où les visiteurs étaient venus en nombre…

J’en veux également pour preuve, l’introduction du variant anglais sous nos latitudes. Première suspicion en Martinique mi-janvier, encore une fois après des vacances de Noël ou les Antilles avaient été ultra fréquentées… Première confirmation fin janvier dans l’île sœur, début février en Guadeloupe…

Les motifs impérieux pour rejoindre ne côtes sont eux réinstaurés le 2 février… Là aussi peut-être un peu trop tard…Le variant est déjà aux Antilles, avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui, en matière de multiplication des contaminations, en raison même de la contagiosité de ce variant là.

Depuis le début de l’épidémie notre département a enregistré officiellement 182 décès liés au coronavirus… Certes, toute la Guadeloupe ne mourra pas de la Covid 19… Mais 182 morts de cette pathologie, c’est 182 de trop ! 

Face à cette macabre comptabilité, il est aujourd’hui difficile d’entendre les attaques contre les medecins qui sauvent des vies, qui invitent au dépistage pour isoler et déterminer le plus rapidement les cas contacts... Il est difficile d’entendre les appels au non respect des gestes barrières comme le port du masque à l’école, il est difficile d’écouter les réclamations pour la réouverture des frontières…

Certes, comme nous tous, les médecins font leur travail aussi pour gagner leur vie, certes le port du masque est contraignant encore plus peut-être pour les plus jeunes... Certes l’économie est en grande difficulté, faute de touristes.

Mais me semble-t-il, les précautions pour protéger l’homme devraient largement primer sur toutes ces questions… Et devraient peut être résonner encore plus fort ici qu’ailleurs, car dans des territoires aujourd’hui empoisonnés, parce que le principe de précaution y a déjà été largement bafoué…