Commission enquête parlementaire sur l'eau : un rapport et 9 propositions pour mieux gérer l'eau et l'assainissement en Guadeloupe

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Conférence de presse de Mathilde Panot et Olivier Serva, commission d'enquête parlementaire sur l'eau
©Capture Facebook Mathilde Panot
Les recommandations de la commission d'enquête sur la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences, en France et plus particulièrement en Guadeloupe ont été dévoilées, ce jeudi 15 juillet. Le rapport adopté à l'unanimité, contient 9 propositions pour le département.

Sur les 76 propositions de la commission d’enquête parlementaire (CEP), seules 9 concernent spécifiquement la Guadeloupe. 

Eau et assainissement, deux priorités en Guadeloupe

La commission d’enquête parlementaire entérine la création du syndicat mixte unique (SMU) au 1er septembre prochain et demande à l’Etat d’apurer les comptes de liquidation des syndicats intercommunaux et autres régies d’eau, afin justement que le SMU et les communautés d’agglomération n’aient pas à supporter les conséquences des gestions passées.

Autre proposition financière : l’annulation des factures d’eaux non réglées à la date du 1er septembre lorsqu'elles ne correspondent pas à une consommation normale ou à la capacité financière des usagers. La CEP propose également de renouveler l’ensemble des compteurs d’eau de l'archipel.

Sur le plan de la sécurité, les députés demandent la mise en place d’un plan de protection de l’intégralité des aires d’alimentation des captages d’eau ainsi que des installations d’eau potable afin d’éviter des intrusions et des actes potentiels de malveillance.

Enfin, la commission propose que l’assainissement soit considéré comme un objectif prioritaire au même titre que le retour de l’eau dans tous les robinets guadeloupéens.

Un catalogue de belle intentions censé plaire à tout le monde, jusqu’aux élus qui se voient exonérés des gestions passées.

Au final, l’Etat payera. Reste à savoir combien. Aucune proposition n’est chiffrée, ni financée.

Mais après avoir suivi les travaux de la précédente commission d’enquête parlementaire, consacré au chlordécone, on est en droit d’être quelque peu dubitatif sur la portée réelle de ces travaux.

De tout cela, on gardera donc le souvenir de quelques instants de vérités lors des visites sur le terrain notamment à Port-Louis, un ou deux parjures lors des auditions sous serment...

Une copie du rapport transmise au procureur de la République

A l'issue de la conférence de presse, Mathilde Panot a indiqué qu'une copie du rapport avait été adressée au procureur de la République de Paris, au titre de l'article 40.
Elle a souligné avoir perçu "une forme d'omerta sur ce qui est en train de se passer avec des accusations graves formulées par plusieurs des acteurs auditionnés". Mais a regretté qu'un seul nom n'ait été donné, celui d'Amélius Hernadez, l'ancien président du Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'​assainissement de la Guadeloupe, "le seul déjà condamné".

Monsieur Hernandez est celui qui porte un peu le chapeau [...] mais c'est impossible que monsieur Hernandez soit le seul responsable de cette situation et donc je crois qu'il y a matière à ouvrir une enquête sur des malversations qui ont eu lieu.

Mathilde Panot, présidente de la commission d'enquête parlementaire sur l'eau

Elle a ensuite ajouté que certains cas de prise illégale d'intérêts avaient été identifiés. S'ils sont prescrits, ces faits existent, selon la présidente de la commission qui espère que la saisine au procureur de la République de Paris pourra donner lieu à des éclaircissements "dont nous avons besoin pour comprendre ce qu'il a pu se passer en Guadeloupe et surtout que plus jamais, on ne puisse arriver à une telle situation". 

A (re) voir la conférence de presse de Mathilde Panot, président de la commission d'enquête parlementaire et Olivier Serva, rapporteur de la commission :