Conflit social en Guadeloupe : levée des barrages de Morne-à-l'Eau

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Levée des barrages de Morne-à-L'eau
Levée des barrages de Morne-à-L'Eau, entre Bosrédon et Marieulle - 05/12/2021 ©Pascal Pétrine
Les forces de l'ordre vont-elles s'attaquer aux barrages de La Boucan, à Sainte-Rose et de Perrin, aux Abymes ? Elles ont entrepris, ce dimanche matin, le nettoyage des points de blocage de Morne-à-l'Eau. Quant aux deux bastions des militants précités, ils restent sous bonne garde des collectifs.

La situation est au beau fixe, en Guadeloupe, depuis vendredi, alors que la grève générale est toujours en cours, depuis 20 jours.
Notons, tout de même, l'interpellation d'un individu, lors contrôle routier, trouvé en possession d’un fusil à pompe volé dans une armurerie, la semaine passée.

Des levées de barrages en cours

Une colonne de véhicules de gendarmerie, de camions bennes, d'engins de chantier et de véhicules utilitaires progressait, vers Morne-à-l'Eau, en passant par le bourg des Abymes, tôt ce dimanche matin.

Colonne d'engins de levée de barrages, aux Abymes, en direction de Morne-à-l'Eau - 05/12/2021 ©Pascal Pétrine - Guadeloupe La 1ère

Des opérations de levée de barrages et de nettoyage sont en cours, à Morne-à-l’Eau, où un important point de blocage est installé depuis plusieurs jours, à la section Marieulle, parmi d'autres.
A Bosrédon et à Gensolin, l'action des forces de l'ordre et des entreprises missionnées va bon train.

Levée des barrages de Morne-à-LEau, de Bosrédon à Marieulle - 05/12/2021 ©Pascal Pétrine - Guadeloupe La 1ère

Maintenant, reste à savoir si les derniers bastions des militants, de Perrin aux Abymes et La Boucan à Sainte-Rose, vont rester d'irréductibles barrages...

Sainte-Rose fait bande à part

N'allez pas croire que parce que de plus en plus de véhicules accèdent à la ville de Sainte-Rose et peuvent en sortir, la mobilisation y est moindre.
Les barricadiers ont mis en place une organisation quasi-militaire, pour réguler la circulation dans ce qu'ils appellent, non sans humour, "la République de La Boucan". Le noeud principal, positionné sur l'incontournable pont, synonyme de porte d'entrée du territoire de la commune, pour ceux qui viennent de l'agglomération pointoise, est complété par une série de petits points de blocage, sur plusieurs kilomètres, jusqu'à Sainte-Marie/La Ramée, après le bourg. Durant longtemps, ceux qui passaient devaient montrer patte blanche et prouver qu'ils sont soit soignants, patients, agriculteurs, éleveurs, transporteurs de marchandises... en somme, des usagers identifiés comme prioritaires, selon les personnes mobilisées.

Notons tout de même que les militants ont fait un geste, envers la population, hier, et ont laissé tout un chacun circuler, sur une unique voie. Ce sera encore le cas, ce dimanche, jusqu'à 18h00, selon les manifestants.

Des munitions ont été positionnées dans les rues adjacentes ; entendez par là divers déchets de toutes natures et de toutes tailles, pour réalimenter les barrages, en cas de besoin, notamment si les forces de l'ordre tentent d'intervenir.

Sur place, c'est le "Collectif de lutte de Sainte-Rose" qui est à la manoeuvre. Il compte les formations Moun Gwadloup, LCDM, FO, des citoyens et la jeunesse de Sainte-Marie et il fait, en quelque sorte, bande à part, par rapport au Collectif d'organisations en lutte depuis le 15 novembre dans l'ensemble de l'archipel.
Les Sainte-Rosiens ont fait ce geste, samedi, alors qu'ils ont convoqué la presse pour communiquer leurs propres revendications.

 

A Perrin, on ne passe pas !

Au rond-point de Perrin, nul besoin d'une telle organisation. Les automobilistes ont bien compris, depuis le début du mouvement de protestation contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire, que ce carrefour stratégique, habituellement parmi les plus fréquentés du territoire, est infranchissable. Ainsi, il y règne un calme surréaliste. Les usagers empruntent les autres itinéraires possibles, en terre abymienne.

C'est là qu'une conférence de presse sera organisée, ce dimanche 5 novembre, à 15h00, par syndicat FO, dont la section SDIS (Service départemental d'incendie et de secours), est partie prenante du Collectif d'organisations en lutte.
Le sujet à l'ordre du jour sera "la situation des jeunes emprisonnés".
Le mouvement culturel Mas Mawon sera présent, aux côtés des avocats militants qui prendront la parole.
Ils devraient revenir sur la centaine d'interpellations opérées par les forces de sécurité, depuis le début du mouvement de protestation et sur les 64 condamnations prononcées par les tribunaux de Guadeloupe.

 

"La mobilisation ne faiblit pas !"

Bien que les axes routiers ont été, pour la plupart, libérés, ces derniers jours, en Grande-Terre et en Basse-Terre, les militants mobilisés ont tenu à faire la démonstration de la poursuite de leur mouvement.
Hier, trois manifestations ont été organisées : une à Capesterre-Belle-Eau des organisations syndicales, une à Pointe-à-Pitre où les groupes à peau ont rassemblé une marée humaine de citoyens solidaires et une à La Désirade, où il y a aussi des soignants (et des patients) qui disent pâtir de l'application de l'obligation vaccinale, qu'ils refusent.