La grève de la Sotradom entamée ce lundi se poursuit et prend même un tournant plus dur avec l'annonce par l'UGTG d'un conflit illimité. Il faut dire que la menace qui pèse sur les employés n'est pas un vain mot, d'autant que l'arrêt de plusieurs chantiers plane. La société serait en outre en situation financière difficile et les salariés craignent une vague de licenciements. La moitié de son personnel, soit 156 personnes sont menacées par cette vague de licenciement. Pour le responsable UGTG du secteur BTP, Didier Dyvrande licencier 156 salariés aura des conséquences sur 300 personnes.
En marge de cette mobilisation des agents de la Sotradom, il y avait une réunion à l'antenne de la région Guadeloupe, au Raizet, avec les présidents des deux collectivités majeurs, le président de l'association des maires, le président des EPCI et le préfet de Guadeloupe. Face à eux, les représentants de la filière du bâtiment et des travaux publics.
Des chantiers annulés, d'autres programmés
Lors de cette réunion, il a surtout été question de programmation de chantier public et de visibilité sur ces chantiers pour tenir les engagements sur les années à venir. Si quatre chantiers ont été annulés en raison de réorientation budgétaire, d'autres vont être programmés, y compris avec la Sotradom.
Ary Chalus, le président de Région n’a pas souhaité s’exprimer à notre micro et a envoyé à la place André Bon, un cadre administratif. Ce dernier a indiqué que les temps fastes étaient terminés et que la région revenait à une trajectoire d’investissement normale, comprenez moins d’argent, donc moins de chantiers.
Des patrons du BTP inquiets
Le département, lui s’est voulu rassurant et volontariste avec un plan pluri-annuel d’investissement 2024-2028 abondé à hauteur de 933. Guy Losbar assure que tout sera transparent. La réunion a duré près de 2h30. Elle s’est déroulée à huis clos dans l’amphithéâtre. Sur le fond, il n’est pas sorti grand chose de cette réunion. Les patrons du BTP demeurent inquiets, se plaignent d’une baisse de la commande publique et demandent davantage de visibilité sur la programmation annuelle des chantiers à venir.
Pas sûr que cela suffise à rassurer les salariés de la Sotradom, qui sont aujourd’hui les premières victimes d’une crise qui risque de s’amplifier.