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Une enquête à petits pas au Jardin d'Essais

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Joël Beaugendre prête serment devant la commission parlementaire Chlordécone
©E. Stimpfling
Une semaine après les déclarations du maire de Capesterre Belle faisant état de chloredécone qui aurait été enfoui dans l'enceinte du jardin d'essai aux Abymes, les services de l'Etat s'organisent pour évaluer la véracité des propos de Joël Beaugendre
Plus d’une semaine après les révélations de Joel Beaugendre, nous sommes toujours face à des positions contradictoires.
Il y a d’un côté le témoignage sous serment d’un ancien député qui sait les pouvoirs d’une commission d’enquête parlementaire. Faire un faux témoignage sous serment est passible de 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende.
Pour autant, les déclarations du maire de Capesterre Belle eau demeurent parcellaires.
Par ailleurs, nous n’avons, à cette heure, pas retrouvé la trace de ce courrier demandant aux autorités de procéder à des fouilles. Le rapport rédigé en 2005 par Joel Beaugendre n’en fait pas mention, aucune trace non plus dans les annexes.
En revanche, le rapport de 2005 fait mention de l’audition d’Alain Chidiac, à l’époque chef du service de protection des végétaux, dont les locaux étaient situés au Jardin d’Essais. Ce service de l’Etat entreposait et distribuait des produits phytosanitaires, notamment le Mirex 450, un organochloré comme le chlordécone, utilisé contre les fourmis-manioc.
Contacté, Alain Chidiac réfute totalement les propos de Joel Beaugendre. Pour lui, il n’y a pas eu d’enfouissement. Nous avons également retrouvé un technicien de l’ONF, aujourd’hui à la retraite,  dont les bureaux étaient eux aussi situés au Jardin d’Essais. Là encore, selon ce dernier, la thèse de l’enfouissement ne tient pas la route.
Pour autant, le dossier n’en finit pas de créer des remous
La Préfecture a fait passer une note à l’ensemble des services de l’Etat. Tout fonctionnaire ayant connaissance de ce dossier peut se rapprocher du référent déontologue, le reférent déontologue est un peu le protecteur des lanceurs d’alerte. En cas de témoignage même anonyme, ce dernier a l’obligation de transmettre les éléments au procureur de la République. Interrogé, Xavier Bonhomme, procureur de Pointe-à-Pitre, indique qu’aucun document ne lui a été transmis, en revanche, il étudie actuellement la possibilité d’ouvrir une enquête préliminaire.
A suivre donc
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