L'état reconnaît sa responsabilité dans la contamination à la chlordécone en Guadeloupe et en Martinique

politique
Emmanuel Macron en Martinique
Au terme de sa visite sur une exploitation agricole au Morne Rouge en Martinique, le Présidente de la République s'est exprimé sur la contamination à la chlordécone aux Antilles. Emmanuel Macron estime qu'elle est "le fruit d'un aveuglement collectif" qui engage l'Etat
La contamination à la chlordécone est un scandale environnemental, le fruit d'un aveuglement collectif qui engage la responsabilité conjointe de l'Etat, des élus locaux et des acteurs économiques. C'est en ces termes que le Président de la République a choisi de s'exprimer sur ce sujet particulièrement sensible en Guadeloupe et en Martinique.
Emmanuel Macron au Morne Rouge (972)
Emmanuel Macron affirme que l'Etat doit avancer dans le chemin de la réparation collective, en continuant d'investir notamment pour mieux identifier les marqueurs de cette pollution et améliorer la carte de sa présence dans les deux îles

Emmanuel Macron Président de la République

L'action de l'Etat s'engagera aussi dans une volonté de réparation individuelle. Sur ce point, pour le président de la République, si les connaissance scientifiques ne permettent pas de faire le lien entre cette pollution des sols et certaines pathologies présentes dans les deux îles, en revanche l'Etat suscitera une prise en compte dans le cadre des maladies professionnelles, notamment pour les ouvriers de la banane.
©guadeloupe
Il n’y a pas de lien de cause à effet établi entre l’exposition au chlordécone et le cancer de la prostate, a dit clairement le chef de l’Etat, en réponse à notre consoeur Corine Jean-Joseph, lui demandant si le cancer de la prostate figurerait parmi les maladies professionnelles, donc prises en charge par l’Etat. Une affirmation qui surprend le professeur Pascal Blanchet, auteur de l’étude Karu Prostate. Il soutient, lui, que ce lien est bien établi

Professeur Pascal Blanchet

 
bananeraie aux Antilles
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©guadeloupe
©guadeloupe



 Interdit en France depuis 1990, le chlordécone(le produit) ou la chlordécone (la molécule) a été autorisé(e) et utilisé(e) en Guadeloupe et en Martinique jusqu’en 1993, pour lutter contre le charançon du bananier. Jusqu'à cette date, les planteurs ont continué de bénéficier d'une dérogation alors même que le produit était interdit dans toute la France depuis 1990.
Ce n'est que dans les années 2000 qu'on commence à souligner les conséquences réelles de ce produit sur les sols des Antilles, et plus grave, sur la population qui se nourrit de produits sortis de ces sols ou s'abreuve d'une eau captée dans des champs contaminés.
Des études menées par l’agence de santé publique, et publiées aux début de l'année, concluaient que « plus de 90 % de la population adulte » en Guadeloupe et en Martinique est contaminée par ce pesticide.
La chlordécone est une molécule dont les effets dans les sols peuvent persister durant au moins sept siècles. Elle agit ainsi dans l'eau des rivières, dans l'environnement marins des zones contaminées, mais aussi sur les poissons et les crustacés. 
 
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