Plainte avortée contre le SIAEAG : l'association #BalanceTonSIAEAG crie à l'injustice

manifestation saint-françois
Manifestation de l'association "Balance ton SIAEAG" - 15/05/2021
©Claudia Ledezert

Les nouvelles plaintes déposées contre le SIAEAG, par l'association #BalanceTonSIAEAG, n'ont pas abouti. Cette fois, le tribunal administratif, qui avait tranché en faveur de requérants, l'an dernier, s'est déclaré incompétent. Les usagers de l'eau ont, donc, manifesté leur colère, dans la rue.

L’association #BalanceTonSIAEAG organisait une manifestation, ce samedi 15 mai, à 8h00. Ses membres dénoncent ce qu'ils qualifient de "décisions de justice incompréhensibles et injustes" et réclament des mesures palliatives, pour compenser le manque d'eau, de la part des instances politiques locales et du représentant local de l’Etat.

Très en colère, ils ont perturbé la circulation, au niveau du rond-point de Pradel, à Saint-François, pour alerter l'opinion publique, en distribuant des tracts.

Manifestation #BalanceTonSIAEAG
©Claudia Ledezert
Manifestation #BalanceTonSIAEAG
©Claudia Ledezert

 

Des usagers lâchés par les instances judiciaires

En Juin 2020, le Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe (SIAEAG) a été condamné, par le tribunal administratif, à fournir quotidiennement six bouteilles d'eau aux plaignants de la Grande-Terre et de la Désirade, durant plusieurs semaines.
La décision de la cour s'appuyait sur le fait que le SIAEAG avait "fait preuve de défaillance, dans l’accomplissement de ses missions, à l’égard des 207 requérants de l’association #BalanceTonSIAEAG".

Aujourd'hui, la situation est toujours la même, selon Christian Deligat, porte-parole de l’association #BalanceTonSIAEAG. Sauf que le tribunal administratif s'est déclaré incompétent, pour traiter les nouvelles plaintes déposées, de quoi susciter l'incompréhension :

On est toujours en période d'urgence sanitaire. Et, il y a toujours autant de coupure d'eau. On a donc déposé un référé liberté, contre le SIAEAG, le même que l'an passé, exactement le même, à la virgule près... et le tribunal administratif s'est déclaré incompétent.

Christian Deligat, porte-parole de l’association #BalanceTonSIAEAG

©Claudia Ledezert et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

L'association #BalanceTonSIAEAG, de défense des usagers de l'eau, rassemble surtout des usagers du Sud Grande-Terre et de la Désirade.

Des automobilistes solidaires

Bien que la circulation ait été perturbée, à Saint-François, par la manifestation de #BalanceTonSIAEAG, les automobilistes étaient compréhensifs. 
Le fait est que nombre d'entre eux sont aussi régulièrement victimes de coupures intempestives...

- On est passés par des moments très, très très pénibles !

- Je peux rester 15 jours sans eau. J'habite à juste à côté du château d'eau !

- Il faut dire merci à Hernandez et de ramener l'argent qu'il a emmené à Saint-Domingue pour l'eau, en Guadeloupe.

Automobilistes solidaires

©Claudia Ledezert et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère
Manifestation #BalanceTonSIAEAG
©Claudia Ledezert

 

Qu'en est-il de la qualité de l'eau ?

Clotilde Vanherreweghe, résidente de Saint-François et membre de l'association #BalanceTonSIAEAG est elle aussi impactée par les coupures d'eau.
Mais elle souhaite aussi attirer l'attention sur le défaut de qualité soupçonnée de l'eau. Trop souvent l'aspect du précieux liquide, lorsqu'il coule du robinet, notamment après une coupure, est douteux : blanchâtre, jaunâtre, marron, trouble... pas de quoi avoir confiance, en tout cas !
Le résultat est que les usagers optent pour l'achat d'eau en bouteille...

L'eau, quand elle est là, quand elle est distribuée, qu'en est-il de sa potabilité ?

La plupart des familles se sont résignées à acheter un nombre impressionnant de bouteilles en plastique !

Clotilde Vanherreweghe, résidente de Saint-François et membre de l'association #BalanceTonSIAEA

©Claudia Ledezert et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

D'où le fait que les usagers de l'eau réclament plus de... transparence.
Ils aimeraient avoir la possibilité de connaître les résultats d'analyses, leur fréquence et les sites où les prélèvements sont réalisés. Car, si les analyses sont faites au sortir des usines de production, qu'en est-il de la qualité de l'eau, après son cheminement, dans les vétustes canalisations du réseau et à son arrivée au robinet des abonnés ? La question reste entière.