L’UGTG et le LKP portent plainte au tribunal judiciaire de Basse Terre, contre l’Etat et les autorités de santé

justice
Plainte UGTG-LKP
Une plainte formulée pour "blessures et homicides par imprudence non-assistance à personne en péril". Elle est soutenue par quatre avocats qui estiment que la situation actuelle est due à l’absence de politique de santé publique en Guadeloupe.

Les plaignants espèrent que le procureur de la république réservera une suite judiciaire a cette plainte. Une plainte étayée par de nombreux témoignages de personnel de santé, en particulier ceux venus de l’hexagone. 
Cette plainte déposée contre X, interroge surtout sur les causes du désastre sanitaire. Selon le LKP et l'UGTG, les autorités sanitaires connaissaient dès mai 2020 l’état des installations hospitalières, ainsi que l’absence de matériels de protection et de médicaments.

Selon eux, c'est ce qui aurait entrainé, avec l’arrivée du variant delta couplé à l’afflux de visiteurs en août dernier, l’aggravation de la situation, provoquant plus de 700 morts depuis mars dont près de 300 pour le seul mois d’aout.

Des témoignages à l'appui

Les plaignants s’appuient aussi sur un certain nombre de témoignages de personnels de santé venus en renfort de l’hexagone qui ont décrit une situation difficile sur le plan matériel, comme le professeur Louis Bernard du CHU de Toulouse ou bien encore celui de la professeure Patricia AME du CHU de Rennes qui se disait désabusée par l’organisation de l’hôpital. 
Ils comptent aussi sur les témoignages des familles via les réseaux sociaux qui dénonçaient des situations graves dans la prise en charge de leurs proches.

Autant de raisons pour lesquelles l’UGTG et le LKP estiment que les autorités de santé ont agi en connaissance de cause et que les faits exposés relèvent d’indices graves et concordants, au vu de l’obligation de prudence ou de sécurité exposant la population a des risques qui ne pouvaient être ignorés.

Il appartiendra désormais au procureur de diligenter ou non une enquête.

Quand aux avocats, ils souhaitent l’ouverture d’une information judiciaire et la nomination d’un juge d’instruction pour faire toute la lumière sur le niveau de responsabilité des uns et des autres dans cette affaire.

Voir : Entretien avec Me Sarah Aristide