Le collectif des organisations en lutte attentif à une proposition de loi demandant l'abrogation de l'obligation vaccinale

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Représentants du collectif des organisations en lutte
Le collectif des organisations en lutte organisait une conférence de presse, ce jeudi 23 juin 2022. ©Daniel Quérin
C'est une proposition de loi qui redonne de l'espoir aux soignants suspendus. La sénatrice Les Républicains Sylviane Noël a déposé, le 16 juin dernier, une proposition de loi sur l'abrogation de l'obligation vaccinale des personnels soignants et des pompiers. Un projet qui trouve écho en Guadeloupe où le collectif des organisations en lutte veut montrer que la mobilisation continue.

L'épidémie de Covid-19 repart à la hausse dans l'archipel guadeloupéen. Selon les derniers chiffres publiés par l'Agence régionale de santé de la Guadeloupe et la préfecture, entre le 13 et le 21 juin 2022, le nombre de nouveaux cas positifs dépistés sur le territoire est de 2 911, selon les autorités. 

Une augmentation des cas qui fait craindre une répercussion sur l'hôpital. Les services de santé en manque de soignants feront-ils appel aux suspendus ? 

Cela pourrait être la solution, pour Sylviane Noël. La sénatrice Les Républicains a déposé, le 16 juin dernier, une proposition de loi sur l'abrogation de l'obligation vaccinale des personnels soignants et des pompiers.

Une démarche qui relance le débat notamment en Guadeloupe où des soignants sont encore frappés de sanction.

Le collectif des organisations en lutte mobilisé depuis juillet dernier, contre l'obligation vaccinale des soignants tenait ce jeudi matin une conférence de presse, devant le centre hospitalier universitaire de Guadeloupe, suite à cette proposition de loi qui intervient, près d'un an après la naissance du mouvement. 

C'est quelque chose qui nous surprend un peu, dans la mesure où depuis le 17 juillet 2021, nous nous battons contre cette obligation vaccinale.  

Claudine Maraton, secrétaire générale de l'UTS-UGTG

En Guadeloupe, l'obligation vaccinale avait conduit, dès sa mise en place, à la suspension de 1 150 personnes sur les 17 500 devant s'y soumettre. 

Pour la sénatrice, dans l'exposé des motifs de la proposition, "le maintien de cette mesure discriminatoire portera un coup fatal et irréversible" au système de santé "déjà terriblement éprouvé". D'autant plus, explique-t-elle, ces soignants "ont choisi d'exercer, comme tous les autres Français, leur libre choix à l'égard de ce vaccin".

C'est aussi ce que martèle l'UTS-UGTG depuis plusieurs mois. 

La proposition de loi présentée par quinze sénateurs LR et du Centre, parmi lesquels la sénatrice de Saint-Martin, Annick Pétrus, passera ensuite par la case commission des Affaires sociales. Sylviane Noël, qui en est l'auteur, a l'intention de convoquer la présidence du Sénat afin qu'elle soit inscrire à l'ordre du jour, le plus rapidement possible. 

Pour être promulguée, cette proposition de loi devra suivre un cheminement et passer notamment à l'Assemblée nationale. Mais Claudine Maraton l'affirme, pas d'attente particulière.

Concernant le gouvernement, les députés, on attend rien. Si on avait attendu, on ne serait pas dans la lutte, on aurait déjà capitulé. Les travailleurs auraient déjà été piqués, ils auraient repris le travail. Et même la population aurait suivi ce chemin-là. 

Claudine Maraton, secrétaire générale UTS-UGTG

Le texte promet de redonner aux personnels concernés l’état d’avancement qu’ils possédaient avant leur suspension, mais n'inclut pas le versement des paies non perçues depuis plusieurs mois. 

Pour rappel, dans un entretien accordé en début de mois, Emmanuel Macron avait annoncé que les soignants suspendus seraient réintégrés après le feu vert du Conseil scientifique.