Le projet Hercule d'EDF inquiète les salariés qui craignent un démantèlement de l'entreprise

EDF bientôt scindée en trois entités. Un projet d’évolution majeure qui ne fait pas l’unanimité. Les syndicats de l'entreprise se sont mobilisés contre ce projet baptisé "Hercule", il y a peu. Ils craignent une remise en cause des conditions de travail.
Les syndicats d’EDF se sont mobilisés la semaine dernière pour dénoncer le projet "Hercule". Il s’agit d’un projet du gouvernement qui vise à scinder électricité de France en trois entités. Une demande forte de Bruxelles, mais aussi de la Direction d'EDF qui veut que l'entreprise soit plus tournée vers les énergies renouvelables, plus rentables.
 

Bleu, Vert et Azur…

Ce ne sont pas les Power Rangers, mais bien le projet proposé. EDF Bleu, une société entièrement publique devrait regrouper les centrales nucléaires, la gestion du réseau et le transport, des postes qui coûtent chers et ne rapportent pas.
EDF Vert devrait regrouper les activités à fortes valeurs ajoutés, le commercial, la société de distribution d’électricité. L’Etat sera au capital, mais 35% de l’actionnariat pourrait être réservé aux entreprises privées.
Et enfin Edf Azur va regrouper toutes les centrales hydroélectriques, détenues par l’Etat. EDF Outre-mer et Corse devraient être placés dans EDF Vert, à forte valeur ajoutée. 
 

Produire de l'électricité en Outre-mer, une ressource certaine

EDF "Dom-Tom" et "Corse" devraient intégrer le futur "EDF Vert" issu de cette restructuration impulsée par le gouvernement. Produire de l’électricité en Guadeloupe, Martinique, Guyane voire à La Réunion, coûte pourtant très cher. Plus que dans l’Hexagone, parce que nous sommes en ZNI, en zone non interconnectée. Ici, ce n’est pas la rentabilité qui compte. Ce sont les revenus assurés grâce à la péréquation électrique. Les prix sont constants et fixés par l’Etat. C’est une ressource certaine. D’autant que l’entreprise publique en Guadeloupe, par exemple, est le seul fournisseur d’électricité de l’archipel. Il existe d’autres producteurs dans le mix énergétique, mais ils doivent impérativement revendre cette électricité produite à EDF.
 

Objectif : se tourner vers les énergies plus propres 

Pour aller plus loin, Electricité de France veut désormais, dans sa stratégie de développement, se tourner vers les énergies plus propres. C’est un vaste Eldorado, imposé par la nécessité de réduire nos empreintes carbones. Appliqué dans nos territoires ce serait une douche froide pour les producteurs privés qui se sont lancés dans la construction, à tout va, de centrales photovoltaïques, éoliennes, ou géothermiques…
Autre indice, en octobre dernier, dans le projet de loi de finances de 2021, le gouvernement a envisagé de baisser de façon unilatérale les prix d’achat de l’électricité produite par le solaire pour des contrats conclus avant 2011. Un collectif de la filière photovoltaïque a dénoncé, sans réponse pour l’heure. Cette remise en cause unilatérale a-t-elle un lien avec ce projet Hercule ?
Sur le plan social, les syndicats d'EDF craignent une remise en cause des conditions de travail.