Lucia Delannay « Après les vacances l’inquiétude pour nous demeure »

tourisme
Tourisme
« Vakans O Péyi » - Taux de remplissage des hébergements touristiques encourageant. Mais l'inquiétude demeure. ©Priscilla ROMAIN
Un mois après le lancement de la stratégie « Vakans O Péyi » par  le Comité du Tourisme des  Îles de Guadeloupe (CTI-G), le taux de remplissage des hébergements touristiques est encourageant mais la haute saison en fin d’année reste problématique pour les professionnels.
 
Tourisme
Lucia Delannay - Propriétaire de gîtes ©Priscilla ROMAIN
Guadeloupe la 1ère : Comment avez-vous vécu le confinement ?

Lucia Delannay : Comme vous l’imaginez, et comme pour tous les secteurs de l’économie du tourisme et de la restauration, nous étions fermés et avons géré de nombreuses annulations. La plupart d’entre elles concernaient des clients de la métropole.

Guadeloupe la 1ère : Le déconfinement est intervenu et a amené une nouvelle stratégie pour le tourisme avec un repositionnement vers la clientèle locale, l’impact est-il sensible pour vous ?

L.D. : Depuis le déconfinement, en effet, notre carnet de réservation se remplit pour la période de vacances, soit juillet-août avec les opérations de communication menées au local.

Guadeloupe la 1ère : A quel rythme s’est rempli votre gîte ?

L.D. : Nous sommes à 60/70% du taux de remplissage. Ce n’est pas négligeable. La clientèle Guadeloupéenne est au rendez-vous et joue le jeu. Mais la crise sanitaire produit des craintes. Ceux qui voudraient réserver se demandent si c’est prudent de le faire. Ensuite les gens ont peur de la deuxième vague. Dans deux trois mois, il y aura peut-être un confinement, nous seront replacés en chômage partiel donc les gens sont méfiants et préfèrent annuler leurs vacances.

Guadeloupe la 1ère : Quel est le profil des clients que vous recevez sur vos installations. Recevez-vous uniquement des Guadeloupéens ou avez-vous réussi à capter les quelques touristes présents sur le territoire ?

L.D. : Il y a deux facteurs à prendre en compte. Les mois de juillet et août ne sont pas des périodes touristiques. Les touristes de la Métropole ou du Canada ne viennent pas forcément nous visiter à cette période de l’année. Donc on fonctionne presqu’exclusivement avec des Guadeloupéens et c’est une tendance qui est normale. Cela dit, avec le COVID19, elle s’est encore confirmée. 60% de la clientèle que nous avons reçue était locale et, à ma grande surprise, sur les deux dernières semaines du mois d’août,  j’ai des touristes de la Métropole qui viennent nous visiter.

Guadeloupe la 1ère : Avec tous ces éléments, êtes-vous rassurée sur l’avenir ?

L.D. : Pas du tout et je vais vous dire pourquoi. Six semaines de location sur une année, cela ne représente rien du tout. Les charges d’exploitation restent les mêmes et même si nous avons eu les aides du gouvernement, cela ne suffit pas à toutes les honorer. Il y a de grosses difficultés à venir. Nous n’avons pas travaillé en mars, avril, mai et juin et en septembre, octobre et novembre le calendrier est vide. Les réservations que nous avions entre la fin d’année et 2021 ont toutes été annulées. C’est catastrophique.

Guadeloupe la 1ère : Avez-vous des solutions pour contourner ce moment compliqué ?

L.D : Aucune. Notre sort est lié à l’activité touristique. Sans eux, nous ne pouvons pas remplir les maisons et les hôtels. De plus, quand les Guadeloupéens auront repris leur activité professionnelle, ce sera fini pour nous et il n’y a pas de plan B à l’heure où je vous parle. Nous attendons beaucoup du gouvernement qui a déjà joué le jeu pour le premier volet du COVID.
Les Outre-mer en continu
Accéder au live