L'offre de soins réduite à peau de chagrin, aux Saintes

Dispensaire de Terre-de-Haut
Le peu de praticiens présents à Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont est mis à rude épreuve. Non seulement ils sont trop peu nombreux pour faire face aux défis engendrés par la double insularité, mais en plus ils manquent d'équipements et d'infrastructures adéquates.

La crise sanitaire a dégradé, encore un peu plus, une offre de soins déjà altérée, aux Saintes.

Des praticiens mis à rude épreuve, faute de moyens

Manque de matériel, manque de desserte maritime, manque d’écoute… les conditions de travail sont de plus en plus difficiles à supporter, pour les professionnels du secteur de la santé des deux communes de Terre-de-Haut et Terre-de-Bas.
La Covid-19 n’a fait qu’amplifier une problématique bien présente, dans les deux îles, depuis des années.

Thierry Lasnier est pharmacien à Terre-de-Haut, depuis 3 ans. Même en si peu de temps, il n’a pu que constater une dégradation de la qualité de l’offre de soins, particulièrement au détriment des patients de Terre-de-Bas, depuis l'arrêt d'activité des navettes inter-îles :

Thierry Lasnier : "On a l'impression d'être totalement abandonnés de ne pas tenir compte de la spécificité de double insularité des Saintes".

Même triste constat, au dispensaire de Terre-de-Haut, où exercent principalement le médecin généraliste de l’île, le docteur Matthieu Levy-Loeb et la sage-femme, Maelle Fremyet.
L'espace y est restreint, voire tout bonnement insufisant. Les brancards ne peuvent pas entrer dans les pièces exiguës. L'installation électrique est non conforme. Les toilettes restent désespérément dans la pénombre, faute de lumière.
Le comble : il manque du matériel de soins (un pied à perfusion, un brancard ou un espace où allonger les patients, ou encore un échographe). Autre équipement indispensable, dont le manque à est préoccupant : de quoi traiter les prélèvements (sanguins, vaginaux...), qui supportent mal les délais de transport vers Trois-Rivières et arrivent vite à péremption.

Le quotidien des praticiens est usant. Ils doivent continuellement trouver des solutions, surtout quand le peu d'équipements disponibles dysfonctionne ou tombe en panne.

Un unique médecin ne peut suffire

Depuis l’arrêt d’activité de l’un des deux médecins généralistes de Terre-de-Haut, le 15 octobre dernier, la qualité des soins s’est détériorée sur l’île.
Le Docteur Miguel Cassin n’a pas transmis ses dossiers à son confrère, le docteur Matthieu Levy-Loeb, qui a du mal à suivre sa nouvelle patientèle. Cette dernière est pourtant bel et bien contrainte de se tourner vers le seul médecin restant. Mais elle a du mal à faire confiance à ce généraliste qu’elle ne connaît pas.

Le docteur Matthieu Levy-Loeb ne peut que le constater et le regretter. Il en appelle aux autorités sanitaires. Elles doivent prendre en considération la spécificité des Saintes. 

Dr Matthieu Levy-Loeb : "Cet arrêt, qui a été assez soudain, crée un climat extrêmement délétère, d'angoisse, de stress et d'incertitude".

 

La recherche de solutions

Une réunion s’est tenue, le soir du mardi 2 novembre 2021, à la mairie de Terre-de-Haut, en présence du maire et des professionnels de santé de l’île, au sujet de l’offre de santé à développer.  
Le maire souhaite mettre en place une réunion mensuelle, avec l’Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental, pour évoquer notamment le projet d’un centre médical : il s'agit d'une idée ancienne, toujours à l’étude. Autre objectif : la fourniture de matériel de soin (concentrateurs d’air et saturomètres). Il apparait aussi nécessaire d'installer un deuxième médecin généraliste dans la commune ; un seul praticien s'avère insuffisant, reconnaît Hilaire Brudey.
Au sujet du retour d’une navette entre les deux îles, cette option n’est pas forcément rentable, de l'avis du 1er magistrat de Terre-de-Haut. Quoiqu'il en soit, l'élu assure qu’il abordera la question avec la maire de Terre-de-Bas, Rolande Nadille-Vala, et le Conseil Régional.