Sciences Po Paris et les Guadeloupéens : pourquoi le retour est si compliqué ?

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Au milieu des années 2000, la Région et le rectorat Sciences Po Paris signaient une convention d'éducation prioritaire avec la Guadeloupe. Une petite soixantaine de jeunes Guadeloupéens ont donc vécu l'expérience de Science Po. Aujourd'hui, les freins au retour de ces étudiants sont nombreux. 

Pleins feux sur la jeunesse et la transmission de la connaissance. Morne-à-l'eau, Pointe-Noire, Saint-Martin, Grand-Bourg et plus tard Sainte-Rose, depuis le début de la signature de la convention entre la Région de Guadeloupe et le rectorat Sciences Po, une petite soixantaine de jeunes Guadeloupéens ont vécu l'expérience de Science Po gràce à ce dispositif solidaire.

Mais la question est de savoir si la Guadeloupe profite des compétences acquises. La réponse est non, car la plupart des jeunes diplômés ne reviennent pas en Guadeloupe. Pour des raisons diverses, ils font le choix de l'extérieur. Choix ou impossibilité de revenir car les freins au retour sont nombreux. 

A l'image d'Ingrid Jasor, une ancienne élève de Morne-à-L'eau et diplômée de Sciences Po, promotion 2014. Elle est revenue après un petit périple à l'international mais sans résultat lié à sa formation, en terme d'emploi. Elle est repartie au combat en mettant en exergue une autre expertise qu'elle a développé pendant son cursus. Elle est aujourd'hui au service des élèves en tant que professeur d'anglais.

Ingrid Jasor, diplômée de Sciences Po Paris en 2014

Idem, pour Cinthia Jérémy, elle est titulaire d'un double master en coopération internationale et en affaires européennes. Mais elle, c'est dans la Caraïbe qu'elle a fait valoir ses compétences, notamment en Jamaïque et en Martinique. Elle est aujourd'hui en poste à la Dominique en tant que coordinatrice du réseau des chambres de commerce de la Caraïbe.

Cinthia Jérémy, diplômée de Sciences Po Bordeaux

Cinthia Jérémy

Par ailleurs, une grande partie de ces jeunes diplômés préfèrent démarrer leur vie active à des milliers de kilomètres, et ce malgré l’attachement familial et géographique à cause d'un fort taux de chômage en Guadeloupe.