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L'awara, le fruit aux multiples vertus

amazonie
La graine d'awara
©Frédéric Larzabal
La période de la fête de Pâques met en avant l'awara. Le fruit du palmier du même nom devient alors le héros d'un met traditionnel savoureux : le bouillon d'awara. Mais selon le scientifique Didier Bereau, il est peut-être dommage de cantonner cette graine de palmier à une seule fonction culinaire.

"L'awara est prisé uniquement pendant la période des fêtes pascales et de la Pentecôte pour le bouillon d'awara. C'est dommage qu'il soit restreint à cet unique usage quant on connaît toutes les vertus nutritionnelles et pharmaceutiques de ce palmier!"


regrette Didier Bereau.

Didier Béreau

Un fruit riche en vitamines


En effet, rappelle le maître de conférence en chimie à l'université de Guyane, le fruit du palmier awara possède de multiples potentialités. Il reconnu notamment pour sa haute teneur en vitamine A. Un fruit de 20g contient deux fois la dose de vitamine A recommandée par jour à un individu. Une vitamine essentielle pour l'homme, sa carence  pouvant entraîner, on le sait, des problèmes oculaires.

Cette graine de palmier est également riche en vitamine C et sa pulpe a des propriétés anti-oxydantes qui ne demandent qu'à être développées. Les potentialités nutritionnelles de cette graine sont importantes et étudiées. D'ailleurs de nombreux brevets ont déjà été déposés sur les propriétés biologiques du fruit, émanant de chercheurs hors de Guyane ajoute le scientifique.


Les dérivés de l'awara sont nombreux


Selon Didier Béreau, l'awara pourrait bénéficier d'une autre valorisation avec le développement des produits dérivés dans les domaines pharmaceutique et cosmétique. L'huile "tcho tcho" traditionnellement fabriquée à partir de l'amande de l'awara est reconnue pour ces vertus anti inflammatoires mais l'huile tirée de la pulpe possède aussi des qualités anti-oxydantes et anti inflammatoires. Celle huile est également intégrée dans des produits cosmétiques.
La production de dérivés est bien sûr sous tendue par un investissement économique mais souligne Didier Béreau, actuellement l'awara existe déjà en nombre sur certaines grandes zones sableuses d'Iracoubo et d'Organabo et les graines ne sont pas ramassées. Une vraie récolte organisée pourrait déjà permettre de fabriquer quelques dérivés - de l'huile en petites bouteilles, des savons, des compléments en vitamine A - Cela pourrait constituer un bon début de valorisation économique du précieux fruit.
Peut-être, suggère ce spécialiste des palmiers, faudrait-il un accompagnement politique et individuel pour développer une production des dérivés de l'awara. 

Pieds d'awaras à Guatémala
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©Frédéric Larzabal
Touffe d'awaras
©Frédéric Larzabal
Grappes d'awaras
©Frédéric Larzabal
Hampe remplie d'awara
©Frédéric Larzabal

 

Petit lexique de l'awara ou astrocaryum vulgare
Awara : nom Guyane; awala : nom amérindien; tucuma nom brésilien
Stipe : le corps central du palmier entre 5 à 15m de haut
Tcho-tcho : huile avec des vertus anti-inflammatoire issue de la graine du fruit
Bouillon d'awara : plat réalisé avec la pulpe du fruit à la période de pâques
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