Nana et Polina, antres mythiques du bal paré-masqué

carnaval
Nana le 24 janvier 2015
©Christophe Parfait
Les bals paré-masqué se font un peu partout en Guyane à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent mais les deux salles mythiques demeurent jusqu'à l'heure, le Soleil Levant chez Nana et Polina. En ces lieux, surnommées universités du carnaval, deux orchestres officient : les Blue Stars et les Mécènes.

Nana, Le temple du bal paré-masqué

Ce lieu de danse est intimement lié à la vie de Evelyna Modika surnommée Nana, créatrice de la salle de bal « Le soleil levant » en 1952. Nana y organise d’abord les bals du dimanche non costumés avec l’orchestre de Maurice Egalgi. Peu à peu cette salle devient le temple des touloulous ouvert seulement en période de carnaval, le samedi soir.
Pendant les années 80, l’orchestre les Mécènes contribue à faire grandir sa notoriété. En 1995, l’orchestre des Blue Star prend le relais et officie jusqu’à l’heure.
Les Blue Stars emmenés par leur leader vocal Victor Clet dit Quéquette vont accroître la renommée mythique du Soleil levant. L’orchestre créé  en 1969 notamment avec Yves Nugent, Victor Clet, José Chong Wa, et Henri Néron se spécialise dans un répertoire traditionnel de biguines et mazurkas et crée notamment le fameux titre « L’istwé Nana », un incontournable des soirées de carnaval. Cet orchestre dont la sonorité inimitable est appréciée de nombreux fans fête cette année son 45ème anniversaire. Une longévité remarquable saluée par un public fidèle.

Extrait vidéo de la prestation des Blue Stars au marché nocturne de la ville de Cayenne jeudi soir

Polina, l’arène des Mécènes

En 1995, Daniel Sinaï, chanteur et hommes d’affaires, décide d’ouvrir un dancing pour les bals paré masqué. Ainsi naît l’entité « Polina ». Un prénom tiré d'une chanson de carnaval où s'illustre une femme de tempérament prénommée Polina. Pour animer les bals, il débauche l’orchestre « Les Mécènes » qui jusqu’alors officiait chez Nana. Le succès est immédiat, car le public suit son orchestre!
Les Mécènes font de ce lieu leur arène. Le chef d’orchestre Fortuné Mécène et son chanteur vedette Bernard Inglis, depuis disparu et jamais égalé, inventent un nouveau rythme le fameux « piké djouk ». Touloulous et cavaliers s’approprient ce mouvement de rein qui n’a cessé depuis de défrayer la chronique tout en participant à la notoriété du carnaval guyanais. Chez Polina, des chanteurs comme Clara Nugent, Rénato Décater, Mino ou encore Ariel Balthazar se font connaître sur les rythme du "piké djouk" des mazurkas, biguines et compas.
L’ambiance Mécène attire aujourd’hui de 1500 à 3000 personnes chaque samedi. Une clientèle diverse et jeune. Des rumeurs persistantes disent qu'après tant d'années de bons et loyaux services, Polina cet autre temple du carnaval pourrait fermer ses portes définitivement . Mais la rumeur court depuis plus de 5 ans !
Cette année de nouveaux musiciens ont intégré la formation des Mécènes les chanteurs Joël Zorobabel? Myrna et Eric Bonheur avec sa guitare jazz.


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