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"Des montagnes couronnées", vestiges précolombiens, ont été retrouvées sur le site de la Montagne d’or

Quel impact aura le projet minier industriel de la Montagne d’or sur le patrimoine archéologique ?  Les archéologues de l’Inrap ont mené une étude. Parmi les découvertes : la localisation d’une quinzaine de « montagnes couronnées », des aménagements monumentaux précolombiens.

Le site de la Montagne d'or © Jocelyne Helgoualch
© Jocelyne Helgoualch Le site de la Montagne d'or
  • Sébastine Laporte
  • Publié le , mis à jour le
C'est en étudiant des images prises par laser aéroporté, que les archéologues ont répertorié 15 nouveaux sites précolombiens dans le secteur du projet minier de la Montagne d’or. Ces clichés sont obtenus par une société spécialisée qui utilise un laser aéroporté, le lidar, permettant de reconstituer le relief caché par la végétation.
Mickaël Mestre a dirigé cette étude, réalisée avec son équipe de l’Inrap ( l'Institut national de recherches archéologiques préventives). Il travaille depuis de nombreuses années sur les montagnes couronnées en Guyane, notamment sur la commune de Régina.

Mickaël Mestre, archéologue (Institut national de recherches archéologiques préventives) explique :

« On a fait quelques datations au carbone 14, cela date de la fin du premier millénaire. Il y a ausi une occupation jusqu'après l’an mille. On a des débris de poterie, de la vaisselle, ce sont des témoignages de la vie quotidienne sur le site qui aujourdhui sont à l’état de fragments dans les sols. Selon les premières hypothèses, il s'agit de villages palissadés. Ce sont aussi des lieux à caractère cultuel»


Des montagnes surmontées de vastes fossés circulaires

L’usage de ces sites reste encore méconnu. On en compte maintenant 70, répartis sur l’ensemble de la Guyane. Ils sont également présents dans toute l’Amazonie, jusqu’en Bolivie. Le terme « montagne couronnée » est emprunté à une expression Saramaca. La tradition orale des amérindiens Wayampis associe ces fossés à des sites d’habitat défensifs qu’elle désigne comme « Kalana Tapélé », les collines des Karan. Des témoignages écrits confirment aussi - à partir du 17e siècle - l’existence de villages fortifiés amérindiens sur le haut-Maroni.
L’observation de la végétation révèle aussi une présence humaine prolongée. Le nombre d’espèces végétales est ici supérieur à la moyenne.
Martijn Van Den Bel, archéologue, (Institut national de recherches archéologiques prèventives) affirme :

« Il y a aussi la présence de certaines espèces très rares en Guyane. Les botanistes ont trouvé des arbres qui viennent du Venezuela et même de Sao Paulo »


Des nécropoles et des habitations

La présence de plusieurs sites à fossé sur un même périmètre, comme sur le site de la Montagne d’or, peut signifier qu’une seule population a vécu successivement sur plusieurs lieux, ou qu’il s’agissait de villages ayant coexisté à la même époque. Seules des recherches plus approfondies pourront répondre à ces questions. 
Certaines montagnes couronnées semblent avoir servi de nécropole puis d’habitat, ou inversement.
La direction des affaires culturelles présentera l’étude de l’Inrap mardi 22 mai à Saint-Laurent, dans le cadre du débat public engagé sur le projet de la Montagne d’or. Ce service de l’Etat affirme qu’aucune montagne couronnée ne sera directement impactée, au moins dans un premier temps.
Nicolas Payraud, conservateur régional de l’archéologie justifie :

« En théorie aucun vestige n'est pour l'instant impacté par le site de la Montagne d'or. D'autres projets, en revanche pourrait avoir des impacts, ils sont situés dans la même zone »


Selon le conservateur régional de l’archéologie, la compagnie Montagne d’or commence à préparer des mesures d’évitement visant à préserver certains sites amérindiens.
Le reportage de Guyane la 1ère :











 

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