L'Asso-mer accompagne les tortues pendant les périodes de ponte sur les plages de Martinique

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Ponte de tortue
il y a des attitudes à adopter en présence d'une tortue en ponte. ©Illagam
Les bénévoles de l'Asso-mer sillonnent les plages martiniquaises afin de recenser les traces laissées par les tortues qui viennent pondre. Cette action fastidieuse est essentielle pour éviter l'extinction des espèces et aide à lancer des actions afin de les protéger. 
Parmi les cinq espèces de tortues visibles et vivants dans les eaux de la Martinique, trois viennent pondre sur les plages de l'île.

Il s'agit de la tortue Luth. Elle est reconnaissable par son envergure imposante, sa couleur noire avec des taches blanches, sa carapace souple avec cinq carènes particulièrement visibles dessus et sa peau qui ressemble à du cuir. 

Il y a aussi la tortue verte qui possède une carapace osseuse, quatre paires d'écailles costales et des écailles juxtaposées. 

Enfin, la tortue imbriquée, dotée d'une carapace osseuse, de quatre paires d'écailles costales et d'écailles imbriquées, vient également mettre bas sur les plages.
naissances de tortues
Naissances de tortues sur une plage du sud de Martinique. ©Martiniquela1ère
Les périodes de pontes sont différentes en fonction de l'espèce, ainsi, les tortues Luths viennent pondre du 1er mars au 30 juillet, les tortues imbriquées pondent du 15 avril au 15 octobre et les tortues vertes du 1er juillet au 31 octobre.
 

Une mission importante 


L'association Asso-mer qui est membre du réseau "Tortues Martinique" a été mandatée par l'Office National des Forêts (ONF) et DEAL pour surveiller les plages durant les périodes de pontes.

Ses membres s'occupent des plages du nord de la Martinique, de Schoelcher jusqu'à l'Anse Couleuvre au Prêcheur. Ils se rendent tous les quatre jours au petit matin sur les plages pour observer les traces laissées par d'éventuelles tortues. Chaque espèce laisse des empreintes particulières. 

Une fois que les traces sont localisées, les membres de l'association notent l'emplacement, le référence, avant de le faire remonter à l'ONF.

Ils ne touchent pas le nid et n'enlèvent pas le sable pour compter le nombre d'oeufs, ce qui est illégal et passible d'une forte amende.

Amandine Limouzin, la directrice de l'association ne manquerait pour rien au monde ce spectacle. Elle regrette cependant, le manque de volontaires, car arpenter les plages coûte cher en termes de temps.
Selon elle, "cette année les tortues sont venues pondre par groupe". En effet, durant quelques jours, les bénévoles de l'Asso-mer vont retrouver bons nombres de traces, et puis plus rien pendant quelques jours. 
 

"Vetivert" (Case-Pilote), nouvel eldorado des tortues ?


"Les chiffres obtenus, bien que partiels et inexactes permettent de dégager une tendance", précise la jeune femme.

Pour appuyer ses dires, elle prend comme exemple le port de Case-Pilote, qui par le passé était un lieu de ponte privilégié pour les tortues, mais depuis, de nombreuses constructions ont vu le jour, le littoral est très fréquenté, conséquence, les tortues viennent moins.
La plage de Vetivert pourrait d'après elle devenir une sorte de sanctuaire, car selon les tendances actuelles, il y a énormément de pontes qui se font sur cette plage. 

Amandine Limouzin rappelle qu'il s'agit d'animaux très craintifs. "Si jamais une personne se retrouve en présence d'une tortue qui vient pondre, elle doit respecter une distance de sécurité d'au moins cinq mètres. Il ne faut pas non plus faire de bruits ni utiliser de lumière. L'objectif est de ne pas la stresser. De plus, il ne faut pas obstruer l'accès à la mer", explique-t-elle. 

La directrice précise également que l'association laisse la nature faire son oeuvre, autrement dit, "les nids sont soumis à la prédation, notamment des mangoustes". 
 

Un plan national d'action


Après la ponte, il y a la naissance. Le temps d'incubation est d'environ 45 jours. Là aussi, il est strictement interdit de toucher les tortues, même pour les aider à gagner la mer. En revanche, il est recommandé de favoriser leur chemin en enlevant les branches volumineuses ou les autres objets encombrants et pénalisants. 

Ces initiatives interviennent dans le cadre du plan national d'action (PNA) pour sauver les tortues marines, qui sont toutes menacées d'extinction et placées sur la liste rouge des espèces menacées.
Durant une décennie, 37 actions vont être menées pour un coût de 7,7 millions d'euros.