La Caraïbe au coeur du trafic de cocaïne

éditorial
Hôpital et Walter Perez Caruso
Walter Perez Caruso, 60 ans, s'est évadé de l'hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France grâce à un commando (8 décembre 2016) ©Martinique 1ère et Gendarmerie
La spectaculaire évasion d’un narcotrafiquant uruguayen détenu à Ducos (jeudi 8 décembre) est l’occasion de confirmer que la Caraïbe est devenue une plaque tournante majeure dans le commerce illicite de stupéfiants.
Sans un seul coup de fusil, Walter Perez Caruso, un trafiquant de drogue s’est échappé de l’hôpital où il allait être soigné avec l’aide de deux comparses lourdement armés. Au-delà du spectaculaire et de l'inédit, il y a lieu de s’interroger sur la place de l’archipel caraïbe dans le trafic international de cocaïne. Notre région est devenue ces quinze dernières années une place forte du transport de la cocaïne produite en Colombie et au Vénézuela à destination des États-Unis et de l’Europe de l’ouest.
 
Les fréquentes saisies effectuées en mer et dans les aéroports européens attestent que la production augmente, parallèlement à la consommation. Un récent rapport de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) indique clairement que les Antilles sont désormais une porte d’entrée de premier plan pour fournir le marché européen. Guadeloupe, Martinique, Jamaïque et République dominicaine sont des lieux de stockage et de réexpédition de la cocaïne.
 
L’agence spécialisée des Nations Unies, ONUDC, estime que 30 % de la poudre blanche consommée en France, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas passe par l’archipel. Et la part de la cocaïne importée aux États-Unis via la Caraïbe a été multipliée par quatre en trois ans, passant de 4 à 16%.
 
Le succès de la cocaïne ne se dément pas. Cette substance est la deuxième drogue vendue en Europe après le cannabis, avec plus de 3,5 millions de consommateurs pour un chiffre d’affaires de près de 6 milliards d’euros. Après le commerce colonial du temps jadis, nous vivons l’ère du commerce criminel. Décidément, l’histoire voudrait que la Caraïbe soit maudite qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.