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Chlordécone : les agents de l'ARS prennent position

Les agents de l’Agence Régionale de Santé affiliés à la CDTM, ont adressé une lettre ouverte à leur ministre de tutelle, le 23 janvier 2018. Dans ce courrier, ils remettent fortement en cause la gestion sanitaire, administrative et la communication autour du dossier chlordécone.

L'agence Régionale de Santé © Martinique La 1ère
© Martinique La 1ère L'agence Régionale de Santé
  • Cécile Marre
  • Publié le
C’est à notre connaissance une première dans l’histoire de cette institution, vieille de 30 ans, que des fonctionnaires de l’ARS remettent en cause publiquement la politique de santé de leur ministre.

Une action qui pourrait sans doute leur valoir quelques déboires. Le syndicat CDMT compte une cinquantaine de salariés, nous dit-on, et dans cette lettre ouverte, il ne mâche pas ses mots.

Le dossier d'accusation


Le syndicat CDMT estime tout d’abord que les efforts des agents pour protéger la population depuis 2008 ont été réduits à néant par la politique de l’État. Il dénonce même "des pressions subies par les agents pour limiter l’information du public" et la mise au placard de ceux qui sont chargés du dossier.
Le courrier révèle également que des agents de l’institution essaient depuis 2015 d’alerter sur ce que nous n’avons découvert qu’en fin d’année dernière, à savoir le relèvement des taux de chlordécone autorisé dans la viande.

Les signataires réclament donc une politique de transparence, notant par ailleurs que l’information au public est quasiment à l’arrêt depuis plusieurs années.

Voir le courrier : Ils se prononcent également pour la mise en place d’une filière identifiée afin de protéger au mieux les femmes enceintes et les personnes fragiles - donnant ainsi raison aux revendications de plusieurs chercheurs et médecins, tout comme le retour au 20 microgrammes maximum d’avant la hausse, en attendant mieux.

Car, c’est sans doute l’aspect le plus marquant de ce courrier, les agents de l’ARS affiliés à la CDTM réclament explicitement une révision des "valeurs toxicologiques de référence", dites VTR, et ce dans les meilleurs délais. Il s'agit de la dose à partir de laquelle le chlordécone est considéré comme toxique. C’est affirmer en filigrane que même les 20 microgrammes d’origine pourraient être trop élevés.

(Re)voir l'entretien de Gérard Thalmensi, secrétaire de la CDMT-ARS, invité du JT de 19 heures :
entretien jt
Peut-on parler de communication de crise ? La question se pose. Un web documentaire en 10 chapitres sur la pollution au chlordécone en Martinique a été mis en ligne ce vendredi 26 janvier par la Préfecture.

 

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