Covid-19 : 1 patient sur 4 contaminé par le variant anglais et hospitalisé en réanimation, décède en Martinique

hôpital
Service réanimation du CHUM
Service de réanimation à l'hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France. ©CHU de Martinique

Le variant anglais du Covid-19 est plus agressif et plus dangereux que le virus originel. Il affecte les voies respiratoires plus rapidement alertent les médecins du centre hospitalier universitaire de Martinique. 

En une phrase, le Pr Hossein Mehdaoui, professeur de médecine intensive en réanimation et chef de pôle au CHU de Martinique résume la situation : 

La seule stratégie réaliste, le seul moyen actuel de se protéger et de protéger sa famille c'est de se faire vacciner. C'est la seule porte de sortie vers le "monde d'avant". C'est la seule solution qui nous laisse un espoir.

Pr Hossein Mehdaoui, professeur de médecine intensive en réanimation et chef de pôle au CHU de Martinique.

 

Les jeunes plus touchés par le variant anglais

 

Le variant anglais est plus agressif et il s’attaque aux personnes âgées mais aussi à des patients plus jeunes. Il touche les voies respiratoires beaucoup plus rapidement et de façon plus agressive. 

Pr Hossein Mehdaoui

 

"Notre service est actuellement le théâtre de drames familiaux"

 

Le variant britannique du coronavirus serait non seulement plus contagieux mais aussi plus mortel que l’ancienne souche de coronavirus, selon une étude anglaise.

Un patient sur quatre va mourir du variant anglais lorsqu'il est admis en réanimation. Notre service est actuellement le théâtre de drames familiaux. Il est difficile pour l'entourage d'un patient de vivre en pensant qu’on a pu contribuer à contaminer un membre de sa famille. Le séjour d’un patient en réanimation constitue une longue période d’isolement. Les visites sont rares. Il se sent seul au monde. Il devient tout à coup un danger potentiel pour ses proches.

Pr Hossein Mehdaoui

 

Un nombre de lits en réanimation limité 

 

Face à l'accélération brutale du variant anglais en Martinique, les services dédiés à la prise en charge des patients touchés par ce virus ont vite été en situation de tension. D'une part, précise le Pr Pr Hossein Mehdaoui, "le nombre de lits en réanimation n'est pas extensible à l’infini"  et d'autre part "le personnel qualifié manque".

Pour un poste de soignant en réanimation, une équipe de six personnes est nécessaire en temps ordinaire pour assurer une présence 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 tout au long de l’année.

 

Il y a 2 postes d’infirmiers pour 5 patients et 1 poste d’aide-soignant pour 4 patients.  En situation de crise, le risque est de manquer de personnel qualifié. Nous avons pu passer la première vague de la Covid grâce aussi à l’adhésion de la population aux mesures de confinement.

 

Cela a limité le nombre de patients graves et le CHU n’a pas été débordé. Il faut se dire que la seule action capable de limiter le nombre de formes graves qui a démontré son efficacité aujourd'hui est la vaccination.

Pr Hossein Mehdaoui

 

Besoin de l'aide de la population

Nous avons fait revenir du personnel en congé dans le cadre du plan blanc. Les ressources en personnel qualifié sont limitées, certains professionnels ont changé de métier après la première vague de Covid.

 

Nous sommes obligés de déprogrammer d’autres activités de l’hôpital pour récupérer du personnel supplémentaire. Nous avons besoin de l'aide de la population qui doit continuer à observer les gestes barrières et doit aller se faire vacciner. La perspective de sortir de cette pandémie passe par notre action collective.

Pr Hossein Mehdaoui