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Crise au Venezuela : Donald Trump convoque 5 pays de la Caraïbe

Sainte-Lucie, Haïti, la République Dominicaine et les Bahamas vont rencontrer le président américain, Donald Trump ce vendredi, 22 mars 2019 pour échanger sur la situation au Venezuela et l’impact économique de la Chine dans la région. Les autres pays de la Caraïbe ne sont pas invités. 
 

A gauche: Donald Trump. En haut: Allen Chastanet (Sainte Lucie), Jovenel Moïse (Haïti) Danilo Medina (République Dominicaine). En bas: Hubert Minnis (Bahamas) Andrew Holness (Jamaïque) © DR
© DR A gauche: Donald Trump. En haut: Allen Chastanet (Sainte Lucie), Jovenel Moïse (Haïti) Danilo Medina (République Dominicaine). En bas: Hubert Minnis (Bahamas) Andrew Holness (Jamaïque)
  • Par Caroline Popovic
  • Publié le
Seuls les leaders de 5 pays de la Caraïbe sont invités en Floride (États-Unis), pour rencontrer le président américain Donald Trump dans son luxueux hôtel de Mar-a-Lago.

Parmi eux, Jovenel Moïse, Président d’Haïti, pays que Donald Trump a traité de "pays de merde" dans un discours sur l’immigration. Allen Chastanet, Premier ministre de Sainte-Lucie, Hubert Minnis des Bahamas, Andrew Holness Premier ministre de la Jamaïque et Danilo Medina, Président de la République Dominicaine sont également invités.
 

5 leaders, pas choisis par hasard


En janvier 2019, lors d’une réunion de l’OEA, L’Organisation des États des Amériques pour discuter de la crise au Venezuela, ces 5 pays ont suivi les directives américaines en refusant de reconnaître la légitimité du président Nicolas Maduro. Ils ont apporté leur soutien au leader de l’opposition Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président par intérim.

Avec ce groupe de 5, Donald Trump veut parler du Venezuela et aborder les "pratiques économiques prédatrices" de la Chine dans la Caraïbe. Il va proposer la mise en place d'une coopération régionale en matière de sécurité.

Après avoir délaissé la Caraïbe en termes d’investissement et de coopération, Donald Trump semble changer sa politique pour réaffirmer la profonde amitié et l’engagement des États-Unis envers ces pays et souligner l’importance de la Caraïbe dans l’hémisphère.

Quatre de ces pays appartiennent également à la Communauté Caribéenne, la CARICOM, un groupe important au sein de l’OEA. La République Dominicaine y est membre observateur.
Le siège de la CARICOM au Guyana. © CARICOM
© CARICOM Le siège de la CARICOM au Guyana.
Pour des raisons qui n'ont pas été rendues publiques, Donald Trump a exclu les 10 autres pays membres de la CARICOM de cette rencontre. Soit ils reconnaissent la légitimé de Nicolas Maduro, soit ils se sont abstenus du vote de l’OEA en janvier 2019. Le représentant de la Grenade était absent.En février 2019, les pays membres de la CARICOM, y compris les 5 déjà cités, avaient adopté une position commune de la non-ingérence dans les affaires internes du Venezuela. La CARICOM privilégiait la médiation comme solution à la crise.

Nous ne sommes ni pour ni contre Nicolas Maduro. Nous ne sommes ni pour ni contre Juan Guaido. Nous sommes pour la stabilité. Nous sommes pour que la Caraïbe reste une zone de paix. Tout ce qui change cette stabilité doit nous inquiéter,a déclaré Mia Mottley, le Premier ministre de Barbade qui n’est pas invitée par Donald Trump.

Mia Mottley, Premier ministre de Barbade. © bgis
© bgis Mia Mottley, Premier ministre de Barbade.

Donald Trump veut diviser pour mieux régner


Selon Anthony Astaphan, conseiller au gouvernement de la Dominique, l’action de Donald Trump pourrait bien provoquer "une probable érosion de l’unification caribéenne".

Le journal Trinidad Guardian a cité des sources anonymes au sein de la CARICOM : Il est évident qu’on veut diviser la CARICOM sur la question du Venezuela. Sans aucun doute, il y aura une tentative de persuader ces 5 pays de soutenir Juan Guaido, en échange ils vont recevoir quelques bonbons.


Washington a mis la pression sur Trinidad et Tobago. L’ambassadeur américain à Trinidad et Tobago a fustigé le gouvernement pour son soutien à Nicolas Maduro. "Trinidad et Tobago devrait adhérer à la politique des États-Unis et reconnaître Juan Guaido", insistent les américains.

Keith Rowley, Premier ministre de Trinidad et Tobago a répondu, "je suis offensé par la déclaration publique de l’ambassadeur des États-Unis à Trinidad et Tobago qui critique les actions du gouvernement".
A gauche, Keith Rowley, Premier ministre de Trinidad et Tobago avec Nicolas Maduro, président du Venezuela. © prensapresidenciel
© prensapresidenciel A gauche, Keith Rowley, Premier ministre de Trinidad et Tobago avec Nicolas Maduro, président du Venezuela.
Il y a quelques semaines, le secrétaire d’état américain Mike Pompeo, a annulé sans aucune explication, une rencontre avec les leaders de la CARICOM prévue à Washington.
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