Des scientifiques découvrent les "éternuements" des éponges de mer de la Caraïbe

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L'éponge de la Caraïbe, Aplysina archeri
L'éponge de la Caraïbe, Aplysina archeri ©geocappiellotwitter
Une étude menée dans la Caraïbe par les chercheurs de l’université d’Amsterdam (Pays-Bas), confirme que l’éponge de mer de la Caraïbe, l’Aplysina archeri, éternue pour évacuer les particules coincées dans ses membranes muqueuses et sur sa peau.

C’est sur les récifs coralliens de Curaçao que l’équipe de chercheurs de l’université d’Amsterdam a étudié le système digestif des éponges de mer. Ils voulaient savoir comment ces animaux évacuaient les déchets.

Selon l’étude publiée le 10 août 2022 dans Current Biology, la surveillance microscopique des spécimens a révélé un comportement inattendu.

Pendant plusieurs minutes, les éponges se contractaient. Sur des vidéos accélérées, le biologiste de la vie marine, Jasper de Goeij, a observé des sortes d'éternuements. À chaque contraction, les éponges éjectaient de la matière.

Selon les scientifiques, les éponges sécrètent aussi une quantité importante de mucus, comme si elles avaient le nez qui coule. Les particules qui flottent dans la mer sont piégées dans le mucus et s’accumulent sur l'extérieur de l'animal qui doit se contracter, "éternuer" pour éjecter les déchets dans la mer.

Nous avons constaté que beaucoup du matériel éjecté étaient des particules de sable, du sédiment que l’éponge ne pouvait pas digérer et qui bouchait son système. Donc l'éponge a dû trouver un moyen pour s’en débarrasser.

Jasper de Goeij, biologiste de la vie marine, à l’Université d’Amsterdam

Du jamais vu selon les chercheurs

Ce réflexe est nécessaire pour nettoyer les pores de l’organisme et dégager son système de filtration. L’éternuement des éponges ne fait pas de bruit mais il dure au moins 30 minutes. Il s'agit d'une contraction spontanée et incontrôlée. 

Les éponges sont parmi les organismes multicellulaires les plus anciens sur terre qui jouent un rôle vital dans le nettoyage des écosystèmes aquatiques.

Les scientifiques ont souvent cru que les éponges étaient des organismes simples. Aujourd’hui, ils avouent qu’ils commencent à apprendre la complexité de ces animaux marins.